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Campagne Semaines Pascales 2003

Cahier d'Animation 2003

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Le Cahier d'animation

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Encadrer les jeunes en difficulté : Le cas du Centre Social de Ntolo

L'insécurité dans nos villes et campagnes est souvent liée à une crise de l'encadrement des jeunes en difficulté. Perdus au milieu de larges fratries, sans repères moraux et spirituels, certains jeunes se retrouvent très vite séduits par l'attrait de l'argent facile. Ainsi il ne fait pas de doute que l'engagement pour la sécurité dans la justice et la paix passera notamment par un meilleur accompagnement de cette population à risque. Le cas du Centre Social de Ntolo (Cameroun) est exemplaire dans ce contexte.

e Centre Social de Ntolo (Province du Littoral, Cameroun) est une oeuvre de témoignage de l'Eglise Evangélique du Cameroun. Elle a pour mission de trouver des solutions aux problèmes douloureux des enfants en détresse, orphelins, prédélinquants, enfants issus des familles dégradées, sans discrimination de sexe, de religion, et dont l'âge varie de 0 à 14 ans.

Ce type d'encadrement requiert beaucoup de patience et de cœur, car chaque enfant nous arrive avec son histoire propre (vie et situation familiale, caractère, parcours scolaire, etc.). Tous les renseignements sont consignés dans un rapport d'enquête sociale qui nous parvient sous pli fermé et nous sert de base de travail. Signalons que ce ne sont pas des enfants de chœur.

Pour mener à bien ce travail, la direction et l'équipe éducative du Centre ont opté pour une éducation participative des quatre partenaires (le centre, l'enfant, l'école et les parents) à travers l'utilisation de divers outils pédagogiques.

Il y a tout d'abord la stabilisation de l'enfant, qui passe par des entretiens réguliers, sa mise en confiance et sa valorisation. Puis, il y a la responsabilisation qui peut par exemple prendre la forme d'élections de délégués des enfants, participants au conseil de discipline, et des chefs de dortoirs veillant à la propreté de ces derniers. Les visites aussi sont très importantes. Le Centre ne saurait en effet se substituer à la famille et nous insistons sur ce fait en faisant signer un engagement aux parents ou aux tuteurs. L'affection maternelle ou familiale est en effet un facteur déterminant pour la rééducation des jeunes. Pour ce qui est de la scolarisation, les pensionnaires bénéficient de cours de répétition qui font d'eux souvent les meilleurs de leur classe.

Finalement, font aussi partie des outils pédagogiques, les activités parascolaires telles que les promenades dans la région permettant de mieux connaître le milieu dans lequel on vit ; la bibliothèque avec plus de 3 000 volumes, une véritable source de culture pour nos pensionnaires ; les tâches matinales dont le planning permet à chacun d'exécuter un travail (balayage, vaisselle, etc.) tous les jours, un apprentissage pour plus d'un ; les excursions donnant l'occasion aux enfants de changer de milieu et surtout de découvrir les richesses culturelles et naturelles du triangle national ; les jeux de société (scrabble, jeux de cartes, puzzles, etc.) qui aident les enfants à réfléchir ; les émissions éducatives des télévisions nationales et internationales (antenne parabolique) sans oublier les cassettes vidéos qui permettent aux pensionnaires d'avoir une vision plus large de la vie ; l'éducation spirituelle dispensée deux fois par semaine par les étudiants de l'institut théologique ; les causeries éducatives et l'éducation civique qui donnent aux enfants des outils, des armes pour mieux affronter les difficultés de la vie et finalement le sport, facteur capital pour ce travail d'encadrement et de rééducation des jeunes en difficulté morale. Raison pour laquelle différents tournois (football, basket, volley-ball, semi-marathon) sont organisés durant l'année.

Tout ceci nous permet de remporter beaucoup de succès, mais aussi d'essuyer des échecs qui ne manquent pas de nous interpeller.

Parmi les échecs, citons les cas de Bassirou ( 10 ans ) et Robert ( 17 ans) dont toutes les tentatives de récupération se sont avérées sans succès. Le cas de Robert est particulier. Cet enfant est arrivé au Centre sept jours après sa naissance. Il en est sorti à 17 ans. Pas de trace de sa famille. Ces deux parents étant décédés. Il était sans repères jusqu'à l'âge de 15 ans, quand un de ses oncles s'est présenté au centre après une émission radio où l'enfant réclamait sa famille. En plus des efforts fournis pour sa rééducation au Centre, de nombreuses familles d'accueil, y compris son oncle, ont tenté de l'accueillir chez eux, mais se sont vite vu dépassées par son mauvais comportement (vols, mensonges). Même des séminaires de moniteurs de culte d'enfants auxquels nous lui avons donné la possibilité de prendre part n'ont rien arrangé. Finalement, nous avons dû nous résoudre à son placement au Borstal Institute de Buea pour qu `au moins il y apprenne un métier.

Mais ceci ne peut pas cacher les nombreux succès qu'il faut placer à l'actif du Centre Social de Ntolo, à savoir des résultats scolaires satisfaisants ainsi que des changement de comportement apprécié par les parents. C'est ainsi que plusieurs de nos anciens pensionnaires se trouvent aujourd'hui inscrits dans les différentes facultés du pays et d'autres suivent un apprentissage. La majorité des parents sont satisfaits et font de la publicité du bouche à oreille pour notre centre.

Avant tout, nous nous savons accompagnés et assistés dans cette lourde et exaltante tâche par le Seigneur qui aime les enfants et qui sait leur parler. Nous sommes avant tout les instruments dans ses mains. Grâce à Lui, les succès sont aujourd'hui plus nombreux que les échecs.

Par Frédéric Noël et Jocanto Njoume

Respectivement Coordinateur et Educateur Chef du Centre Social de Ntolo

Introduction

Repères

Études de cas

Exemples de lutte

Études bibliques

Propositions homilétiques

Poèmes et prières

Travail en groupes

Avec les enfants