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Campagne Semaines Pascales 2003 |
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Cahier d'Animation 2003 |
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Les coupeurs de route du Nord-CamerounDepuis des années, le phénomène des coupeurs de route constitue pour les voyageurs de la zone septentrionale du Cameroun, une hantise permanente. Peu importe la destination qu'ils empruntent. Sur les axes des campagnes comme sur la nationale reliant Ngaoundéré à Kousseri, l'on ne se sent plus en toute sécurité. Mais qui sont ces coupeurs de route ? On a longtemps pensé que les coupeurs de route du Nord Cameroun étaient des étrangers des pays voisins (surtout du Tchad) qui ont pu s'accaparer des armes de guerre et de chasse pour leurs opérations. Au fil des ans, le phénomène a évolué à telle enseigne que parmi les personnes arrêtées ou abattues se trouvaient de plus en plus des citoyens camerounais. Leurs armes d'attaque sont, en plus des armes à feu (armes de guerre et de chasse de fabrication quelquefois locale), souvent des armes blanches (couteaux, gourdins, machettes, flèches ). Les coupeurs de route opéraient dans un premier temps dans la journée. Ils placent des sentinelles aux extrémités de leur zone d'opération. Ceux-ci surveillent l'arrivée des véhicules qui, une fois dans leur zone d'action, ne peuvent faire marche-arrière sous peine d'être criblés de balles. D'autres sont cachés dans les broussailles et surveillent tout mouvement suspect ou les velléités de résistance. Un autre groupe est sur la route. Ces derniers font coucher les passagers à plat-ventre et les dépouillent de tous leurs sous et biens précieux (bijoux, vêtements, appareils ). Face à une réplique énergique des forces de l'ordre, les coupeurs de route ont adopté depuis quelques temps d'autres stratégies d'attaque. En l'an 2001, ils ont par exemple attaqué de nuit des villages dans le Mayo-Rey, exigeant aux populations paysannes de présenter leurs tickets de vente de coton et les sommes correspondantes. Des villages entiers ont été pris en otage. Dans la nuit du 22 au 23 décembre 2002, aux environs de 2h du matin, un véhicule pick-up de marque Mitsubishi, de retour du Campement des Eléphants, tombe sur un groupe de coupeurs de route, vêtus de noir. Le véhicule a été stoppé par un jet de pierre sur le pare-brise. Les huit employés du Campement qui avaient pris leurs acomptes sur salaire pour les fêtes de fin d'année se sont vus dépouillés de tous leurs biens. Malheureusement, ces victimes n'ont rien signalé à la brigade de gendarmerie la plus proche. Une autre habitude s'est implantée : à moins qu'ils reconnaissent un homme en tenue (force de l'ordre) ou qu'ils soient face à une résistance, les coupeurs de route n'en veulent plus à la vie des personnes. Ils se contentent des biens matériels et de l'argent. S'ils n'en trouvent pas sur leurs victimes, ce sont des tortures physiques qui suivent. Les militaires qui avaient atténué les actions de ces hommes sans foi ni loi, sont-ils à bout du souffle ? Quelle est la part de responsabilité de la population ? Celle des autorités ? Ce qui est sûr, certains de ces coupeurs de route sont bien connus de la population et ont des techniques de communication efficaces. Lesquelles ? Eux seuls en ont le secret. L'insécurité face aux coupeurs de route persiste lors des voyages, dans les villages des campagnes, de jour comme de nuit. Alors se pose une question qui nous interpelle tous : que faire ? Par Maître Henri Wassouo Coordinateur de la Commission Diocésaine Justice et Paix de Garoua |
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