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Campagne Semaines Pascales 2003

Cahier d'Animation 2003

Le déroulement

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Le Cahier d'animation

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Insécurité au Togo: le cas de la ville de Lomé.

Au Togo, la peur d'être la victime ou la cible d'une agression ou d'un acte de violence au sortir d'un coin de rue, dans un marché ou un bar, au volant de sa voiture ou chez soi à la maison constitue une hantise permanente. Quelles sont les causes de cette violence structurelle ? Comment est-elle vécue au Togo, plus précisément à Lomé ? Que font les autorités pour enrayer ce phénomène et quels sont les problèmes de droits de l'homme que suscitent les efforts de rétablissement de la sécurité par les forces de sécurité ?

L'insécurité est devenue un fléau mondial. Et chaque jour qui passe, on a la sensation que notre vie devient de plus en plus vulnérable, incertaine. Comme partout ailleurs, les togolais font face aujourd'hui à une montée croissante de l'insécurité et de la criminalité. Dans les villes et campagnes du pays, les cas d'agression physique, de vols à main armée, d'embuscades sur les routes, de trafics et d'escroqueries de tout genre etc. se comptent chaque année par dizaines. Certes, le problème d'insécurité a toujours existé dans le pays, mais son caractère endémique actuel remonte aux années 1990.
En effet, la conjoncture économique des années 80, les bouleversements socio-politiques des années 90 et la crise politique que traverse le pays depuis lors, en fragilisant le tissu social du pays, ont fini par créer un champ propice à la violence et à l'insécurité généralisées. Aujourd'hui le Togo doit faire face au chômage sans cesse croissant des jeunes et la paupérisation grandissante des populations. Beaucoup de togolais aujourd'hui sont dans une situation économique et sociale désespérée. Et ce sont eux qui nourrissent les réseaux de criminalité et de trafiquants. Dans un pays où les possibilités de trouver un emploi et de gagner sa vie honnêtement sont quasi-inexistantes, les braquages et autres formes de cambriolage, les agressions physiques, les meurtres, les escroqueries et les trafics ne peuvent que se multiplier.
Le phénomène est même devenu très endémique ces derniers temps surtout dans la capitale Lomé, où pas un jour ne passe sans que ne soient rapportés des cas d'agressions physiques, de vols à main armée, de braquages de banques, de maisons de commerce ou d'habitation. A Lomé, il n'est plus très sécurisant de se promener à certaines heures de la nuit dans certains quartiers. De plus en plus les rues des quartiers se vident de leurs habitants entre 20h30 et 22heures. Au Togo, la criminalité est nourrie et entretenue par des réseaux de nationaux et de ressortissants étrangers. Les braquages, les escroqueries, les trafics sont souvent l'œuvre de puissantes bandes composées de jeunes togolais et des ressortissants des pays de la sous-région (Ghana, Bénin, Niger, Nigeria) De plus en plus de nigérians sont impliqués dans le blanchiment d'argent, la coupure de faux billets, la délivrance de faux papiers etc.
Le phénomène de l'insécurité urbaine et de la délinquance est si visible aujourd'hui à Lomé et a même fini par imposer une architecture nouvelle à la ville. Du plus riche au plus pauvre, dans les quartiers résidentiels comme dans les banlieues, les habitants installent des clôtures et des grilles métalliques pour protéger leurs biens et leur intimité. Les habitations sont devenues de véritables pénitenciers où l'aération fait défaut. L'élévation des clôtures et des murs autour des maisons, la multiplication des services de sécurité privés constituent autant d'indices pour nous informer sur l'ampleur du fléau.


L'action des forces de l'ordre et les problèmes de droits humains.
Au Togo, les questions de sécurité intérieure relèvent du domaine de la gendarmerie et de la police nationale. Certes les services de sécurité manquent souvent de moyens pour accomplir leur mission, mais dans l'ensemble un certain nombre d'actions ont été entreprises pour lutter contre l'insécurité dans le pays. Depuis un certain temps, la police et la gendarmerie ont été restructurées, les effectifs augmentés. Grâce à l'appui de pays amis comme la France et le Japon, les services de sécurité bénéficient régulièrement de dons en matériels notamment en véhicules pour leurs interventions d'urgence et les patrouilles. La police et la gendarmerie sont souvent assistées par les forces armées togolaises qui font presque quotidiennement des patrouilles nocturnes surtout à Lomé. En dehors des services publics de sécurité, il s'est développé ces dernières années dans le pays la création de services de sécurité privés dont les agents sont souvent postés à l'entrée des services privés ou parapublics, les banques et commerces et les habitations. Certains quartiers ont aussi organisé leurs propres vigiles.
Les efforts des forces de sécurité pour lutter contre la criminalité et l'insécurité à Lomé et dans l'ensemble du pays ne se passent pas sans poser de sérieux problèmes de droits de l'homme. Accusées souvent d'être à la solde du pouvoir en place, les forces de sécurité publiques ne sont pas toujours bien vues et bien comprises lors de leurs patrouilles et interventions dans les quartiers. Il est vrai, durant leurs multiples interventions, les agents de sécurité sont souvent responsables d'abus qui sont en réalité des violations des droits et libertés des citoyens. Les fouilles intempestives et les interrogatoires interminables, les harcèlements dont sont régulièrement victimes les usagers de la route, les habitants des quartiers n'en sont que quelques visibles illustrations. Pour un citoyen paisible de Lomé, la vue ou la rencontre des forces de sécurité surtout la nuit constitue souvent une expérience cauchemardesque. La scène se présente souvent comme suit : vous vous baladez la nuit, vous rencontrez une patrouille des forces de sécurité. Vous êtes stoppé et soumis à un long et interminable interrogatoire. Au finish vous vous rendez compte que l'on vous réclame de l'argent. Si vous n'en avez pas cela devient un calvaire pour vous. Vous risquez d'être soumis à des traitements dégradants, à des menaces etc. Un autre aspect du problème est dû plutôt au manque de moyens et à la corruption grandissante au sein de l'administration publique. Par exemple, si vous êtes victime d'une agression et vous appelez la police ou la gendarmerie, aucun agent ne pourra venir sous prétexte qu'il n'y a pas de véhicule .
On a également constaté que beaucoup de criminels même récidivistes ne sont pas poursuivis en justice ou punis. Des criminels arrêtés et remis à la police ou même condamnés se retrouvent peu de temps après en liberté sans avoir épuisé leur peine. Des pots de vin versés à des gardiens de prison, des magistrats, des commissaires de police et autres hauts fonctionnaires de l'Etat peuvent conduire à la mise en liberté inconditionnelle de criminels dangereux. Ainsi de plus en plus de togolais estiment que lorsque vous remettez un cambrioleur ou un brigand aux mains de la police, vous lui offrez plutôt une aubaine. Il y a à cet effet une anecdote qui raconte l'histoire d'un voleur capturé dans un quartier populaire de Lomé et qui suppliait la foule de l'amener à la police, sûr qu'il serait libéré par la suite sans trop de problème. Cette situation entraîne une tentation de plus en plus grande chez les populations de se faire justice elles-mêmes. Ainsi, il est de plus en plus fréquent de retrouver des voleurs lynchés ou brûlés vif par les populations et dont les corps sont abandonnés dans la rue au petit matin. Le danger, c'est que l'on puisse tuer ainsi facilement des innocents.
En définitive la situation d'insécurité grandissante à Lomé et dans l'ensemble du pays constitue une préoccupation sérieuse pour l'Etat et les populations togolaises. Jadis enviée pour son atmosphère paisible et tranquille, Lomé est en train de devenir à l'instar d'autres villes africaines un nid d'insécurité et de criminalité.

Par Kodjo Agbéssignalé Afanvi

Enseignant de Lycée à Lomé, Chargé de Programmes et de Recherches, Coordonnateur du Programme Jeunesse, Responsable du Département Paix et Droit de l'Homme de l'Association Internationale des Educateurs pour la Paix du Monde -Section Togo (AIEPM-TOGO) / International Association of Educators for Peace (IAEWP).

Introduction

Repères

Études de cas

Exemples de lutte

Études bibliques

Propositions homilétiques

Poèmes et prières

Travail en groupes

Avec les enfants