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Campagne Semaines Pascales 2003

Cahier d'Animation 2003

Le déroulement

Les contributions

Le Cahier d'animation

Les photos

 

Qui a tué...?

Depuis des décennies, le nombre de disparitions et d'assassinats non-élucidés en Afrique sub-saharienne ne fait que grandir. En focalisant ici l'attention sur trois personnes parmi beaucoup d'autres, il n'est pas question de permettre que « l'arbre vienne cacher la forêt ». Il s'agit simplement de prendre conscience de la gravité du problème à travers quelques cas concrets. C'est l'occasion surtout pour nous d'exprimer notre solidarité avec toutes les familles de victimes qu'il s'agisse de personnalités célèbres internationalement, comme celles mentionnées ici, ou des martyrs inconnus trop vite oubliés par l'opinion publique.

Père Engelbert Mveng, S.J.

Le 23 avril 1995, le petit village de Nkolfané (dans la banlieue ouest de Yaoundé) découvrait le corps du père jésuite Engelbert Mveng, étranglé, couché dans son lit face au plafond. Dans la nuit, des assassins, sans doute commandités, avaient fait leur triste besogne. Depuis lors, une épaisse nébuleuse entoure toujours cette affaire. Black-out total sur les auteurs, les commanditaires et les mobiles de ce "crime de professionnel".

En fait, la disparition du père Mveng est aujourd'hui encore ressentie comme une perte monumentale pour l'Eglise catholique locale, le Cameroun et toute l'Afrique. Outre la prêtrise, le religieux était historien émérite, artiste distingué, théologien réputé et intellectuel intègre.

C'est à lui que l'on doit notamment la splendide mosaïque qui orne le cœur de la cathédrale Notre-Dame-des-Victoires à Yaoundé. Il est aussi auteur du recueil de poèmes Balafon où il réécrit l'histoire africaine, illustrant ainsi l'apport du continent noir à la civilisation universelle.

Comme historien et comme théologien, le père Mveng était un homme engagé, soucieux de restituer à sa manière la personnalité bafouée de l'Afrique. Il fut ainsi l'un des chantres les plus en vue de la théologie de la libération en Afrique. Internationalement reconnu pour son œuvre immense, on se demande qui pouvait avoir intérêt à le voir disparaître.

Tavio Amorin

Le 23 juillet 1992, Tavio Amorin, un dirigeant de l'opposition togolaise était grièvement blessé par balles en plein centre de Lomé. Évacué sur Paris deux jours plus tard, il y mourut le 29 juillet, à l'âge de 34 ans, laissant une femme et un enfant d'un an à peine.
Dirigeant du Parti socialiste panafricain, membre de la Conférence nationale, Tavio Amorin avait été porté à la présidence de la Commission des affaires politiques des droits de l'homme et des libertés du Haut Conseil de la République.
Tavio Amorin croyait fermement en la possibilité d'instaurer au Togo un État de droit où la dignité de tous les citoyens serait respectée. Dans sa nouvelle fonction, il se battait pour que la lumière soit faite sur les violations commises par les forces de sécurité togolaises sous le régime du président Eyadéma. Les balles de son assassin mirent fin à ses efforts pour rétablir la vérité et la justice au Togo. Le gouvernement du Premier ministre de l'époque, M. Joseph Koffigoh, avait laissé entendre que les cartes d'identité de deux policiers contenues dans le sac retrouvé non loin du lieu de la fusillade semblaient indiquer que les forces de sécurité étaient impliquées dans cette affaire, mais le dossier aurait été clôturé à la suite de la loi d'amnistie de décembre 1994.

Norbert Zongo

Dimanche 13 décembre 1998, aux environs de 16 heures, Norbert Zongo, son jeune frère Ernest, son chauffeur Ablassé Nikiema et un de ses employés Blaise Ilboudo, trouvent la mort, à environ 7 km du village de Sapouy (100 km au sud de Ouagadougou). L'équipe du Mouvement burkinabé des droits de l'homme et des peuples (MBDHP) dépêchée sur les lieux dès le lendemain est formelle : «pas de trace de freinage sur la chaussée ; le véhicule n'a pas heurté un obstacle ; le véhicule n'est pas tombé, n'a pas quitté la chaussée ; de l'extérieur, le véhicule semble avoir brûlé du haut vers le bas, les pneus restant intacts ; des impacts de balle sur la porte arrière latérale droite ; quatre corps trouvés sur les lieux : un à l'extérieur et trois calcinés à l'intérieur». Et de conclure : «Au regard des éléments relevés [nous avons] de sérieuses raisons de croire qu'il ne s'agit pas d'un accident mais d'un crime odieux apparemment bien préparé et exécuté»

Norbert Zongo, alias Henri Segbo, 49 ans, était le directeur de publication de l'hebdomadaire L'Indépendant et le président de la Société des éditeurs de la presse privée (SEP). Depuis des années, il s'était spécialisé dans les enquêtes sur les «dossiers noirs de la IVème République». Son enquête menée sur la mort du chauffeur de François Compaoré, frère du Président Burkinabé, lui avait valu de sérieuses menaces.

Introduction

Repères

Études de cas

Exemples de lutte

Études bibliques

Propositions homilétiques

Poèmes et prières

Travail en groupes

Avec les enfants