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Campagne Semaines Pascales 2002

Pour une société sans violence, combattons le tribalisme et la corruption

Contributions

Le déroulement

Les contributions

Le Cahier d'animation

Les photos

 

Intervention du Pasteur Reto Gmünder lors de la Célébration oecuménique de clôture de la Campagne Semaines Pascales à la Cathédrale de Garoua, le 21 avril 2002

Lorsque le jour de Pâques, les femmes sont sorties de grand matin pour aller au tombeau de Jésus, elles s'attendaient à trouver l'entrée bloquée par une grosse pierre. Déjà elles se demandaient comment elles allaient faire et voila que la pierre était roulée, le tombeau était vide. Le Christ est ressuscité. C'est cela le miracle de Pâques.

La pierre qui a été roulée du tombeau est devenue pour nous chrétiens comme un symbole pour tout ce qui empêche la vie de vaincre sur la mort. Tout ce qui garde emprisonné, tout ce qui écrase et qui tue.

La pierre roulée du tombeau est aussi le symbole de l'incroyable violence qui s'est abattue sur le fils de Dieu pour le réduire au silence : trahisons, insultes, coups et torture, procès fictifs, emprisonnement arbitraire, et finalement exécution publique par crucifixion.

La pierre est le symbole de la violence qui n'a pas eu le dernier mot et que la résurrection finalement a mis de côté.

Pâques c'est la victoire de la vie sur la mort, c'est aussi la victoire de la vie sur la violence.

Pourtant malgré cela la violence continue à régner ici comme ailleurs. On la rencontre partout, dans les villages, dans les familles, au quartier, dans les écoles, dans les bureaux, dans la rue, dans les prisons et dans les hôpitaux, au champ, dans les taxis et même dans les églises.

Partout les pierres de la dispute et de la haine bloque l'entrée du tombeau. On vole, on frappe, on tue, ou bien on insulte, on trompe, on meurt, ......

C'est comme si nous n'avions pas d'autres manière de régler nos problèmes, nos différends que par les coups et les blessures. Chaque fois c'est comme si nous crucifions et assassinions encore une fois le Christ.

Il est temps que la force de Pâques, la force de la résurrection du Christ vienne transformer nos vies et notre société. Il est temps que la pierre de la violence soit roulée de devant les tombeaux de nos vies. C'est là le but et le sens de la Campagne Semaines Pascales dont nous venons de vivre les activités à Garoua.

La Campagne Semaines Pascales organisées conjointement par le CIPCRE, le SNJP et la FEMEC veut nous aider à redécouvrir cette force de transformation et de vie qu'est la résurrection du Christ. L'idée maîtresse est que l'on ne peut pas confesser et célébrer le mystère de Pâques sans que cela ait des implications réelles et visibles sur notre manière de vivre ensemble en communauté et en société.

Après l'impunité en 1998, la dette en 1999, le tribalisme en 2000 et la corruption et le tribalisme en 2001, la Campagne de cette année (comme des 4 ans à venir) se penche sur le problème de violence.

"Pour une société sans violence, combattons le tribalisme et la corruption", c'est là le slogan mobilisant protestants, catholiques et toute personne de bonne volonté à travers le pays cette année.

Combattons le tribalisme et la corruption pour que cessent le favoritisme, les frustrations, les abus de pouvoir et le climat d'impunité généralisé qui se trouvent à la source de tant de comportement violent.

J'aimerai saisir cette occasion pour remercier très cordialement au nom des organisateurs nationaux, toutes celles et tous ceux qui de près ou de loin ont collaboré à la réussite de cette semaine d'activités à Garoua.

Je mentionnerai tout particulièrement les deux parrains locaux, l'Archevêque Mgr Antoine Ntalou et le Président du CEPGA, le Rév. Pasteur Ousmanou (ici représenté par le Pasteur Moïse Kamdem, président de la région synodale de l’EEC) ainsi que les membres du CLO.

Après cette célébration de clôture, la Campagne Semaines Pascales continue sa route vers d'autres villes (Bamenda, Nkongsamba, Eséka, Yaoundé). Mais même ici à Garoua, cette clôture n'est pas la fin de toute mobilisation contre la violence. La Campagne continue et nous avons confiance que grâce aux personnes formées à cet effet, la Campagne pourra encore avoir des répercussions dans les paroisses, les chorales, les communautés de base et les groupes bibliques.