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Campagne Semaines Pascales 2002

Pour une société sans violence, combattons le tribalisme et la corruption

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Prédication du Pasteur Abraham Oubé lors de la Célébration oecuménique de clôture de la Campagne Semaines Pascales à la Cathédrale de Garoua, le 21 avril 2002

Textes : Jean 10 : 1-10

Chers frères et soeurs en Christ, peuple de Dieu ici rassemblé.

Dieu notre Père à tous est et reste la grande force de son amour qui nous porte tous les jours et nous soutien.

C'est dans sa grâce qu'Il lui plaît de nous rassembler dans ce Saint lieu afin que dans un élan d'amour nous puissions épouser avec le CIPCRE, le Service National Justice et Paix et la FEMEC l'idée de cette Campagne Semaines Pascales 2002. "pour une société sans violence, combattons le tribalisme et la corruption".

Nous prions Dieu de nous assister afin qu'au sortir de cette célébration oecuménique Son message soit porté par chacun de nous pour la répercussion dans notre société.

Vous avez compris, notre texte de méditation est bien celui de Jean 1:1-10 "le bon berger"

Ce récit qui est propre à l'Evangéliste Jean se trouve juste après le récit de la guérison de l'aveugle né, guérison qui est controversée et qui expose le bénéficiaire et l'auteur à des multiples procès, le miracle, les actes du bon berger étant contraires au règle et aux normes de la société établie. Très vite, le ton est donné et on peut constater que la difficulté pour nous sera de faire la différence entre le "bon berger" d'après nous et le "bon berger" d'après la logique du Maître, notre Seigneur Jésus-Christ.

Ici, il ne suffit pas d'être un docteur de la loi ou un régulier des lieux de culte pour être un bon berger ; il ne suffit pas de bien payer ses offrandes et d'offrir des dons à l'Eglise pour être un bon berger selon Jésus-Christ et encore moins être choristes, ancien, pasteur, prêtre.

Notre Seigneur veut aujourd'hui corriger notre langage et surtout l'utilisation du qualificatif "bon"

 - qu'on dise de quelqu'un qu'il est bon parce que à la grande surprise de tous et quelque fois du concerné lui-même, il se trouve dans la haute hiérarchie de la société sans passer par la porte... même pas par la fenêtre (un parvenu est-il bon ?)

- qu'on dise d'un directeur qu'il est bon quand il est capable d'étouffer tout le monde, peut tout se permettre, même de léser ses employés dans leurs droits, sans vergogne et sans reproche....

- qu'on dise d'un leader qu'il est bon quand il peut nous promener pendant plusieurs heures dans des discours vides et dénués de toute vie et de toute espérance, gardant silence là où l’on attend qu'il parle, parlant là où il devrait se taire et arrive toujours là où on ne l'attend pas.

Dire de quelqu'un qu'il est bon chef parce qu'il a obtenu le titre foncier sur son siège :

- il est ami de César ...... tu ne peux rien

- il est toujours jeune ...... Même si ses enfants sont déjà retraités.

- il est entouré des bourreaux.... et il n'est pas simple

- on ne le suit pas parce qu'on veut ......; si tu ne marche pas, c'est fini pour toi.......

- pour la relève, il diminue l'âge des enfants, négocie, corrompt, détourne, pour placer ses enfants, sa famille, sa tribu et ses acolytes dans la bergerie. C'est la grande exploitation anarchique qui n'a d'égard ni pour les brebis, ni pour la bergerie, ni pour le mercenaire et son équipe eux-mêmes. Après eux le déluge. C'est le règne des voleurs, des briguants et des mercenaires.

Ils se nourrissent des brebis au lieu de nourrir les brebis. Pour sauver et entretenir leur ventre, ils arrivent par tous les moyens sauf la porte.

Le mot de passe devient "c'est toujours comme cela, tout le monde passe par là, ce n'est pas toi qui doit faire l'exception..." Dès la fin du culte, c'est un ami fidèle comme toi qui te dit « ces choses sont bien dites mais ça reste ici... ». On va faire comment ?...

- Il diminue son âge et l'âge de ses enfants....

Tous étant des mercenaires décidant toujours pour la mort et non pour la vie et le bien être, tous militant pour une vérité de l'homme taillée à la mesure de ses caprices et à la taille de ses ambitions égoïstes. La vérité humaine qui nous distance de Dieu et partant nous tue à petit feu jour après jour. Et plus on est abruti plus on se résigne et on meurt.

Heureusement Christ, le Fils de Dieu, le Prince de la paix est vivant ; et ressuscité dans les coeurs il ne meurt plus jamais.

C'est le moment où avec les disciples du Christ, il faut dire à chacun ce qui est. Si quelqu'un a tué Christ, la vérité en lui il faut le rappeler que la vérité qui est la logique du Bon berger est une vérité qui sauve et non celle qui tue.

Christ ressuscité, ressuscite en nous la conscience de la fore du changement que Dieu a mis en chacun de nous, des capacités pour mettre fin au règne des mercenaires et l'instauration du règne de paix. (Jérémie 1:4) personne n'a d'excuse devant Dieu. Il faut parler, il faut agir, commencer soi-même à être bon pour Dieu et non pour les hommes. Défendre la vérité qui sauve et non celle qui tue.

Si nous nous convertissons tous, dieu va nous baptiser au nom de Jésus-Christ pour que finisse le tribalisme, les partis pris, des détournements et toutes les formes de corruption. Le nombre des disciples augmentant, notre monde respirera de la Vie de Dieu pour tous et la violence n'aura plus de place.

AMEN