|
Accueil - Présentation - Forum - Documents - Contact - Liens - English
|
Campagne Semaines Pascales 2002 Pour une société sans violence, combattons le tribalisme et la corruption |
|
|
Cahier d'Animation 2002 |
||
|
Jésus et la Violence Par la Commission Diocésaine Justice et Baix de Bafoussam[1]
La Bible décrit sans illusion l’état violent dans lequel se trouve l’humanité. Les forces de la Vie et les puissances de mort se tiennent en un équilibre provisoire. Ceux qui sont non-violents sont rares. Dans ce contexte Jésus apparaît comme un cas à part, véritable révélation du plan de Dieu pour un monde sans violence.
Avec Jésus, le Royaume de Dieu fait irruption dans le monde et suscite la violence. Depuis les jours de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le Royaume de Dieu est assailli avec violence, ce sont les violents qui l’arrachent (Mt. 11,12). Jésus vise les adversaires qui empêchent les hommes d’entrer dans le Royaume. Le disciple est invité à faire l’effort pour entrer par la porte étroite (Lc. 13, 24). La Bonne Nouvelle est annoncée et tout homme lutte pour y entrer (Lc. 16, 16). Par sa venue, le Royaume de Dieu déchaîne une violence que Jésus ne voile pas. Face à un ordre injuste faisant obstacle au Royaume de Dieu qui n’est pas accueilli, Jésus proteste. Il chasse les vendeurs du Temple (Mt. 21, 12ss ; Jn. 2, 13-22). Il viole les conventions de la religion, de la société et du langage. Il est le maître du sabbat (Mc. 2, 28). Le suivre peut apporter le glaive (Mt. 10, 34), diviser la famille (Mt. 10, 35ss). Il est urgent de le suivre (Lc. 9, 60). Il faudrait même arracher l’œil qui te scandalise (Mt. 5, 29ss). L’ordre établi est violé en faveur d’une réalité supérieure, le Royaume de Dieu. Jésus apparaît comme un violent trouble-fête qui détourne le peuple du chemin qu’ont tracé les maîtres de l’ordre (Lc. 23, 2). Cependant Jésus donne de lui-même l’image d’un Maître doux et humble de cœur qui supporte la violence et en triomphe (1 Pierre 2, 18-21). L’Evangile est une révolution quand la justice et la charité sont brimés par les structures sociales : « cherchez le Royaume de Dieu et sa justice» (Mt. 6, 33). Face à la violence qui règne dans le monde, Jésus exige le pardon (Mt. 6, 12-14 ; Mc. 11, 25) jusqu’à 77 fois (Mt. 18, 22). A tous, il commande : « aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » (Mt. 5,44 ; Lc. 6, 27). A chaque disciple, il déclare : ne résiste pas au méchant (Mt. 5, 39), il faut savoir être victime du violent. Lui-même résiste à la tentation d’instaurer le Royaume de Dieu avec des moyens violents (Mt. 4, 3 + 4, 8). Il refuse d’obtenir la gloire sans passer par le sacrifice de la croix (Mt. 16, 22). Jésus n’a pas versé le sang des hommes, il a versé son propre sang. S’il faut résister au méchant, c’est par esprit d’amour et de sacrifice, seul moyen d’obtenir la réconciliation entre le violent et sa victime (cf. Gn. 33, 45 ; 1 Sa. 26). Et « ceux qui prennent l’épée périront par l’épée ». Les doux auront la terre en héritage (Mt. 5, 4). Que le disciple se fasse serviteur (Mt. 20, 25). Jésus s’en remet à Dieu (Mt. 12, 15-21 ; 14, 13) et réalise la béatitude des persécutés (Mt. 5, 10). Quand il pardonne à ceux qui le crucifient injustement (Lc. 23, 34), quand il demande au disciple de tendre l’autre joue, Jésus dépasse l’idéal de l’Ancien Testament. Il ne se contente pas d’un abandon passif entre les mains de Dieu, il fait « violence au violent » pour une réconciliation déjà maintenant. [1] Article paru dans La pratique non-violente de la résolution des conflits, CDJPB, Bafoussam, septembre 2000.
|
Cahier d'Animation 2002
Repères Etudes de cas
|