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Campagne Semaines Pascales 2002 Pour une société sans violence, combattons le tribalisme et la corruption |
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Cahier d'Animation 2002 |
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Petit
guide pour prédicateur(-trice)s
Les propositions
homilétiques
faites ci-dessous aimeraient servir aux
prédicateur(-trice)s, évangélistes,
pasteurs et prêtres, afin qu'ils puissent créer, durant la
Campagne Semaines Pascales 2002, un lien avec le thème « Pour
une société sans violence, combattons le tribalisme et la
corruption ! ». Ils trouveront ainsi pour chaque
dimanche et fête les lectures du jour et une brève réflexion
pouvant inspirer le sermon ou l'homélie. Les données entre crochets ([)
indiquent de petites variantes entre les lectionnaires protestant et
catholique. 7 avril : Pâques 2 Actes 2 : 42-47 ; I
Pierre 1 : 3-9 ; Jean 20 : 19-31.
Christ est ressuscité des morts !
Depuis dimanche de Pâques nous le proclamons. Le passage de l'Evangile
du jour insiste sur le fait que celui qui est ressuscité est le même
que celui qui a été crucifié (Il leur montre ses mains et son côté).
C'est donc bien celui-là qui a été trahi par les siens, celui qui
a été vendu pour quelques pièces d'argent et qui a souffert des
violences atroces qui est sorti victorieux du tombeau et qui leur
dit aujourd'hui « la Paix soit avec vous ! ».
Tribalisme, corruption et
violence n'ont pas eu le dernier mot. En dernier ressort c'est le
royaume de Paix et de Justice (le règne du partage que présente la
lecture des Actes) qui sortira vainqueur. Croyons-nous vraiment en
cela ou bien sommes-nous comme Thomas qui veut voir avant de croire ?
Attendons-nous de voir la fin du tribalisme, de la corruption et de
la violence pour nous ranger du côté de ceux qui les combattent ?
Heureux ceux qui croient sans avoir vu…
14 avril : Pâques 3 Actes 2 : 14, 22 - 28
[22-33] ; I Pierre 1 : 17-21; Luc 24 : 13-35.
Cléopas et son ami étaient de
ceux qui attendaient avec impatience la libération de leur pays.
Engagé de tout cœur pour un changement social rapide, ils s'étaient
mis à la suite de toutes sortes de leaders religieux et politiques.
Pour eux, tous les moyens étaient bons pour arriver à leurs fins :
pots-de-vin, fraudes, trahisons, vols et violences. Ils avaient placé
beaucoup d'espoirs en ce Jésus de Nazareth. Mais celui-ci les avait
amèrement déçu en se laissant humilier et maltraiter jusqu'à la
mort sur la croix. Sur le chemin d'Emmaüs, ils le retrouvent sans
le reconnaître. L'ont-ils jamais vraiment connu ? Le Christ
essaye alors à partir de Moïse et des prophètes de leur expliquer
ce qu'est le vrai changement social. Devant leur incompréhension,
il change de méthode. Voici que dans le partage du pain, ils découvrent
qui est le Christ, ils comprennent enfin que ce n'est que par le
partage, l'humilité et le don de soi que l'on opère un vrai
changement.
21 avril : Pâques 4 Actes 2 : 14[a], 36-41; I Pierre
2 : 20[b]-25; Jean 10 : 1-10
Une idée forte se dégage de
l'Evangile
du jour : il existe une seule porte qui mène à la paix et au
bien être, c'est le Christ. Un seul berger, et donc aussi un seul
troupeau. La Promesse de Dieu (nous rappelle Actes 2 : 39) est
« pour vous et vos enfants, ainsi que pour tous ceux qui sont
au loin, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera ». Il
n'y a donc pas d'exclusivité, pas de place pour des rivalités
entre confessions religieuses ou entre tribus. Le Berger est le
berger de tous. Lui seul nous conduit. Lui seul est la porte par
laquelle on entre et on sort, et par qui on accède à la nourriture
(Jean 10 : 9). Alors que tout le monde se bat avec les moyens
les plus douteux pour avoir une place « à la mangeoire »,
il est bon de se souvenir que l'entrée à la vraie mangeoire c'est
Dieu seul, les autres passages sont des voies de brigands et de
voleurs…
28 avril : Pâques 5
Actes 6 : 1-7; I Pierre 2 : 4-9
[4-10]; Jean 14 : 1-12 [1-14]
L'Evangile du jour nous rappelle
que Jésus n'est pas le but mais plutôt le chemin. Ce qui signifie
que la vie en Christ n'est pas sans difficultés, ce n'est pas déjà
l'accomplissement. Il y a des obstacles qu'il faut surmonter, des
conflits qu'il faut gérer dans l'esprit du Christ. La lecture des
Actes illustre bien cela. Elle nous présente en effet un cas
typique de tribalisme. Une partie de la communauté se sent désavantagée
(dans la distribution de la nourriture, c'est-à-dire dans la répartition
économique) à cause de son origine ethnique. La situation pourrait
facilement dégénérer avec les conséquences graves que l'on connaît.
Il faut donc gérer le conflit. Notons alors l'humilité des
ministres de la Parole qui avouent leur incompétence en matière de
gestion administrative. Il ne sont pas de ceux qui croient être
capables de tout faire. On désigne alors de bons gestionnaires,
dont la neutralité et la transparence seront capables de réconcilier
la communauté.
5 mai : Pâques 6 Actes 8 : 5-17 [5-8 ;
14-17]; I Pierre 3 : 15-18; Jean 14 : 15-21
Pendant trois ans, Jésus a prêché
et vécu le Royaume de Justice et de Paix. Dans le passage de l'Evangile
du jour il annonce son départ. Est-ce la fin de tout ? Est-ce
la victoire de l'injustice, du tribalisme, de la corruption et de
toutes les violences qui y sont liées ? Non, Jésus ne nous
laisse pas orphelins. Il nous envoie « quelqu'un d'autre pour
nous aider », un « autre consolateur ». Mais cette
consolation ne réside pas simplement dans le souvenir des paroles
et des actes de Jésus (c'est-à-dire la prédication). La lecture
des Actes (8 : 16) nous fait aussi remarquer que même le baptême
au nom de Jésus ne suffit pas (c'est-à-dire les sacrements). Il
faut nous laisser remplir de l'Esprit de Vérité. Il faut nous
laisser animer par le même Esprit que le Christ, pour développer
dans nos actes une « spiritualité de la Justice et de la Paix ».
9 mai : Ascension Actes 1 : 1-11 ; Ephésiens
1 : 17-23 ; Matthieu 28 : 16-20
Le passage de
l'Epître aux Ephésiens
est central pour comprendre la vraie signification de l'Ascension du
Christ. Jésus n'est pas simplement monté au ciel dans un au-delà
où nous le retrouverons après la mort. « Christ a été placé
au-dessus de toute autorité, de tout pouvoir, de toute puissance,
de toute domination »
(Eph 1 : 21) dans l'au-delà, mais
aussi ici-bas. Croyons-nous vraiment cela ? En attendant que
vienne le moment où Dieu établira définitivement son Royaume (cf.
Actes 1 : 7), il est temps que son Esprit inspire toute autorité
et tout exercice de pouvoir : politique, religieux et
traditionnel. Alors pourquoi gardons-nous les yeux tournés vers le
ciel (Actes 1 : 11) ? Engageons-nous plutôt ici et
maintenant, par exemple dans le combat contre la corruption et le
tribalisme pour une société sans violence, pour que le Christ règne
vraiment sur nos vies. 12 mai : Pâques 7
Actes 1 : 12-14; I Pierre 4 :
13-15 [13-19]; Jean 17 : 1-11
A la fin de la vie c'est l'heure
des bilans. Dans
l'Evangile du jour, Jésus le fait sous la forme
d'une prière. Le thème central en est la Gloire : « J'ai
manifesté ta Gloire, j'ai achevé l'œuvre ». Mais en fait,
quelle est cette œuvre : quelques guérisons, quelques prédications.
Le résultat est présenté dans la lecture des Actes :
quelques disciples se réunissent pour prier et partager. Ce n'est
pas glorieux, selon nos normes ! La Gloire de Dieu ne réside
pas dans la quantité de ce que nous réalisons, mais dans la qualité.
La qualité de Vérité, d'Humilité, de Sacrifice, de Justice et
d'Equité.
Le travail honnête d'un comptable qui ne se laisse pas corrompre
est déjà une participation importante à la Gloire de Dieu. Le
travail impartial d'un responsable qui ne tient pas compte de
l'appartenance ethnique est aussi une manifestation de la Gloire de
Dieu. Mais n'oublions pas que cette Gloire-là est souvent liée à
la souffrance, comme nous le rappelle la lecture de
l'Epître. 19 mai : Pentecôtes
[Exode 19 : 3-20] Actes 2 :
1-11; [I
Co. 12 : 3-13]; Jean 20 : 19-23 Depuis l'Ascension de Jésus, les
disciples se retrouvent régulièrement. Ils parlent, se souviennent
et partagent le pain et le vin. De bons chrétiens, penseront
certains, qui ne ratent pas un culte, pas une messe du dimanche.
Cela ne suffit pourtant pas. Dans l'Evangile du jour, le Christ dit :
« comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie »
et il leur souffle dessus, comme pour les mettre en route pour agir
dans le monde. Avant la venue du Saint Esprit,
les disciples aimaient se retrouver entre eux, réunion de gens
d'une même tribu, d'une même caste, d'une même sensibilité.
Pentecôtes a changé cela. C'est maintenant la confrontation avec
ceux qui sont différents, la recherche d'une entente avec les
autres tribus, la découverte d'un même langage avec ceux qui ont
une autre sensibilité. 26 mai : Trinité
Exode 34 : 4-9; II Co. 13 : 11-13 ;
Jean 3 : 16-18 La doctrine de la Trinité est extrêmement complexe. Même des années d'études de théologie ne permettent pas de saisir tout le mystère de trois personnes en un Dieu unique. Déjà à l'époque de sa formulation, la doctrine de la Trinité a fait l'objet de conflits intenses et souvent violents. On a puni, on a exilé, on a même tué au nom de telle ou telle interprétation des concepts philosophiques grecs. Que de sang versé pour des causes somme toute futiles dirons-nous. Et tout en le disant, nous pensons que nos raisons à nous de nous disputer, de nous pourchasser et de nous violenter sont ô combien plus importantes : propriétés foncières, vols d'argent ou de biens, fraudes électorales, etc. Un jour, je suis sûr, nous estimerons cela aussi des causes somme toute futiles. Ecoutons alors plutôt l'exhortation finale de Paul aux Corinthiens (13 : 11) : « vivez en paix, et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous. Saluez-vous les uns les autres d'un baiser fraternel ». Amen. |
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