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Campagne Semaines Pascales 2002

Pour une société sans violence, combattons le tribalisme et la corruption

Cahier d'Animation 2002

Le déroulement

Les contributions

Le Cahier d'animation

Les photos

 

 

Travailler en groupes

 

Ces deux dernières années, le Cahier d'animation avait fait le choix de proposer des éléments d'activités épars, indépendants les uns des autres, vous laissant la responsabilité de construire à partir de là un programme de rencontres cohérent, adapté à votre besoin. Cette année l'approche sera quelque peu différente. Vous trouverez en effet ci-après des propositions pour le travail en groupe qui en soi forment déjà un programme cohérent. Celui-ci pourrait prendre place dans un séminaire d'une semaine environ. Les propositions sont donc agencées selon une logique qui va de la compréhension de ce qu'est la violence, en passant par les liens avec le tribalisme et la corruption, jusqu'à l'engagement concret de chacune et de chacun.

Bien sûr nous sommes conscient qu'aucun groupe ne pourra dégager le temps nécessaire pour suivre ce programme tel quel, d'un bout à l'autre. Nous espérons pourtant que les divers responsables de groupes, d'associations, de chorales et de clubs auront le loisir et la volonté d'adapter telle ou telle partie de ce programme afin d'approfondir dans leur milieu l'un ou l'autre aspect de la question. Il s'agit donc de se sentir libre par rapport aux propositions faites ici. Ne vous laissez pas enfermer par les suggestions ! En particulier, ne suivez pas une liste de questions comme une marche à suivre ou un ordre du jour ! Concentrez-vous sur ce qui vous paraît intéressant et surtout pertinent dans votre contexte et laissez simplement le reste.

Nous rappelons que les propositions faites dans ce Cahier d'animation sont conçues pour un travail participatif. Il s'agit ainsi de favoriser les interactions et les échanges entre les participant(e)s, afin de donner à chacune et chacun l'occasion d'exprimer son point de vue pour enrichir les autres et de construire ainsi un savoir commun. De plus, la conviction des concepteurs de ce Cahier est que le savoir se construit à partir de l'expérience, or nous avons tous déjà fait des expériences. Il n'y a donc pas dans un groupe des gens qui savent et des gens qui ne savent pas. En général, les propositions faites ici cherchent à construire à partir des expériences faites, pour ensuite les analyser et puis les systématiser.

 

Dans le but d'encourager la participation de tous, nous encourageons les animateurs et animatrices à :

- faire attention au cadre horaire (prévoir un temps suffisant pour que tout le monde s'exprime) et à l'organisation de l'espace (placer les gens pour qu'ils puissent communiquer entre eux tout en voyant bien le tableau si nécessaire) ;

- veiller à la clarté de la démarche pour que chacun(e) puisse suivre et personne ne se sente exclu(e) ;

- être à l'écoute et au service de la discussion dans le groupe ;

- encourager les débats et les discussions lorsqu'ils semblent toucher des points importants ou problématiques ;

- permettre aux participant(e)s d'aller jusqu'au bout de ce qu'ils/elles ont à dire (sans être interrompu(e)s) ;

- permettre à chacune et à chacun de s'exprimer en donnant la parole à celles et ceux qui ne parlent pas volontiers ;

- encourager les participant(e)s à exprimer leurs propres points de vue, leurs sentiments et leurs émotions.

- chercher régulièrement à clarifier, préciser, résumer et synthétiser ce qui est dit, non pas comme conclusion, mais pour permettre aux participant(e)s de prendre position et aux débats d'avancer.

- choisir de préférence des modes de travail en petits groupes (4 à 5 personnes) où les échanges sont plus faciles et souvent plus intenses.

Nous prions aussi les responsables de groupe d'envoyer aux initiateurs de la Campagne Semaines Pascales 2002 les résultats ou le compte-rendu des réflexions et actions. Cela permettra d'une part de mieux adapter le Cahier d'animation à vos besoins et d'autre part de diffuser vos expériences auprès d'autres groupes intéressés. Cessons donc de réfléchir et d'agir chacun(e) dans son coin ! Joignons les mains sans croiser les bras, c'est là la philosophie de la Campagne Semaines Pascales.               

 

 

 I. Introduction : mieux comprendre ce qu'est la violence

 

I.1. A partir d'associations d'idées

 

Comme entrée en matière, nous proposons de procéder par la méthode de l'association d'idées. Celle-ci permettra de mettre en évidence la compréhension spontanée qu'a le groupe du concept de violence et éventuellement de se mettre d'accord sur une compréhension commune.

 

Temps : 30 à 45 minutes. Matériel : tableau-noir et craie ou papier-conférence et feutres.

 

Déroulement :

a) L'animateur(trice) écrit tout d'abord le mot « violence » au tableau. Il/elle demande ensuite aux participant(e)s d'y associer d'autres mots. On peut le faire de manière ordonnée (par un « tour de table ») ou désordonnée (comme un « brainstorming »). L'animateur(trice) note chaque association sur le tableau sans commenter et sans censurer.                               

b) On discute alors des propositions faites : y a-t-il des mots qui ne devraient pas se trouver là ? y a-t-il des associations que l'on ne comprend pas ?

c) L'animateur(trice) tente une synthèse de ce que le groupe comprend par violence et demande au groupe de réagir à cette synthèse. Il/elle peut encore comparer cette compréhension avec des définitions de dictionnaires qu'il/elle aura préparées auparavant.

Indications pour l'animation :

Il ne s'agit pas à la fin d'imposer une définition fut-elle d'un dictionnaire, mais simplement de confronter les diverses compréhensions des membres du groupe, qui surgissent de leurs expériences propres, et de les comparer avec celles des auteurs de dictionnaires.                                    

                                                                                                                           

               

I.2. A partir d'exemples concrets

 

En lieu et place ou à la suite de l'association d'idées, le groupe peut aussi travailler à partir d'exemples concrets. Ceci permettra aux participants de mieux comprendre les divers types de violences qui existent.

 

Temps : 60 à 90 minutes. Matériel : cartes (10cm/23cm) et feutres

 

Déroulement :

a) L'animateur(trice) demande à chaque participant(e) de donner un ou plusieurs brefs exemples (selon le nombre de participant(e)s) de situations de violence. Avec quelques mots clés, les participant(e)s inscrivent ces exemples sur les cartes (un exemple par carte) que l'on affiche ensuite sur le tableau ou sur un mur.

b) Ensemble on voit s'il est possible de regrouper certains exemples de même type. L'animateur(trice) déplace alors les cartes correspondantes pour les regrouper.

c) On voit alors quels différents types de violences apparaissent sur le tableau.                  

d) On fait ensuite la critique de ce résultat : a-t-on oublié certains types de violences ? lesquels ? pourquoi ? Il est alors possible d'ajouter quelques exemples pour combler le manque de certains types.

 

Indications pour l'animation :

Il est bon pour l'animateur(trice) d'avoir en tête certaines différenciations de types de violences pour pouvoir le cas échéant proposer (et non imposer) au groupe certains regroupements ou certains ajouts. Il s'agit par exemple de violences physiques (sur des personnes ou sur des biens) avec en particulier les violences sexuelles (qui sont parfois un groupe à part), de violences psychologiques ou morales (humiliation, abandon, menace), violences verbales (injures, calomnies), violences économiques (privation de ressources), violences politiques (privations de droits). On peut aussi différencier les violences spontanées et irrationnelles (coups, bagarres) des violences calculées et systématiques (tortures, exterminations, esclavages).

 

II. Causes et conséquences de la violence