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Campagne Semaines Pascales 2002 Pour une société sans violence, combattons le tribalisme et la corruption |
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Cahier d'Animation 2002 |
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Études Bibliques
Nous proposons ici deux types d’études bibliques. La première est classique avec des questions auxquelles on pourra réfléchir individuellement, en petits groupes ou en plénière (1-5). La seconde est inspirée de la méthode du « biblio-drame » et permet une animation plus originale et plus vivante (6-7).
1. Caïn et Abel : Genèse 4, 1-6 Dans
les premières pages de la Genèse, la Bible médite sur les différentes
cassures qui traversent la vie des êtres humains et qu’elle appelle péché :
cassures des relations fondamentales avec Dieu, avec soi-même, avec son frère
et avec l’environnement. Le récit de Caïn et Abel, à travers un conflit
entre deux frères, nous parle de ces déchirures violentes qui opposent
l’humain à son frère ou à sa sœur. N’oublions pas qu’à travers
des individus, la Genèse nous raconte souvent l’histoire de tout un
peuple ou d’une tribu ! a)
Quelles sont les raisons que la Bible nous donne du conflit entre Caïn
et Abel, entre l’humain et son frère, entre deux tribus ? b)
Quelles en sont les conséquences ? c)
Comment aurait-on pu éviter cela ? d)
Quel rôle joue Dieu dans les différentes parties de ce passage
(comment se comporte-t-il à chaque moment) ? Que faut-il en conclure ?
e)
Quelles sont les ressemblances entre ce récit et la situation autour
de nous ? f) Quelle leçon peut-on retenir de ce passage pour notre situation sociale ?
2.
La Vigne de Nabot : I Rois 21, 1-29 Les
deux livres des Rois nous racontent la lente décrépitude de la société
Israélienne du règne de David, jusqu’à la chute de Jérusalem. Le
message central qui s’y dégage est la nécessité d’une fidélité à
Dieu chez les responsables politiques et en particulier chez le roi. Une
telle fidélité est source de prospérité, alors que la désobéissance mène
à la ruine. Le rôle primordial du prophète en tant que rappel des
exigences de Dieu y est sans cesse souligné… Le récit de la vigne de
Nabot en I Rois 21 est en soi-même une étude de cas de violence liée à
l’abus de pouvoir et à la corruption. Dans
un premier temps nous proposons de prendre les versets 1 à 16 : a) Quels sont les personnages de ce passage et quels sont leurs comportements ? b) Comment la violence et la corruption se manifestent-t-elles dans ce passage ? c) En quoi ce récit ressemble-t-il a des situations réelles que vous connaissez ? d)
Comment pourrait-on agir (en tant que prophète par exemple) dans une
telle situation ? Il
serait alors intéressant, avant même de lire la suite du texte, de
demander à divers groupes de jouer à travers un sketch la rencontre entre
Elie et Achab : que vont-ils se dire ? comment vont-ils réagir ? Variante :
On pourrait aussi interrompre après le verset 12 et imaginer
l’intervention d’un prophète à ce moment-là : est-il possible
d’éviter la condamnation à mort d’un innocent ? Puis
on se penche sur les versets 17 à 26 : e) Que penser de l’intervention de Elie (en positif et en négatif) ? f) Comparez Elie et Jézabel : en quoi leurs compréhensions du pouvoir d’un roi (cf. v.7 pour Jézabel) et de celui de Dieu sont-ils différents ? Puis finalement les versets 27 à 29 : g) Que penser de la réaction d’Achab ? est-elle réaliste ? comment comprendre cette réaction ? h) Que conclure de tout ce récit pour notre lutte contre la violence ?
3. L’arrestation de Jésus : Matthieu 26, 47-56 La passion de Jésus est une succession d’injustices perpétrées contre un innocent et qui culmine dans la mort sur la croix. Tout commence par un acte de corruption, puis la violence vient s’y ajouter. Mais jamais Jésus ne cèdera pas à la tentation d’être violent lui-même. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde dans son entourage. a) Quels sont les personnages de ce passage et quels sont leurs comportements ? b) Comment la violence et la corruption se manifestent-t-ils dans ce passage ? quel est le lien entre les deux ? c) Comparez le disciple et Jésus : en quoi leurs approches diffèrent-elles ? d) Qui est le personnage le plus puissant dans ce récit et pourquoi ? en quoi réside le pouvoir de chacun des personnages de ce passage ? e) Qu’est-ce qui aurait changé si Jésus avait choisi la voie de la violence (à court et à long termes) ? f) Que conclure de tout ce récit pour notre lutte contre la violence ?
4. La femme adultère : Jean 8, 1-11 A
l’époque de Jésus, la lapidation (tuer à coups de pierre) était une
violence légitime en tant que punition en cas d’adultère. Depuis
quelques temps, les pharisiens cherchent à piéger Jésus. Ils ont bien
compris qu’il prêche une nouvelle manière de comprendre la dignité de
toute personne humaine. Mais ira-t-il jusqu’à placer cette dignité
au-dessus du maintien de l’ordre par l’application de la loi en tant
qu’usage légitime de la violence ? Jésus est-il un anarchiste ? a) Quels sont les différents personnages du récit et les rapports des uns avec les autres ? b) Quels sont les rapports de force entre les pharisiens et la femme ? sur quoi se base ce rapport de force ? en quoi ce rapport de force est-il changé par la réponse de Jésus ? c) Quelle est la valeur accordée par les pharisiens à cette femme ? quelle est la valeur accordée par Jésus à cette femme ? en quoi les regards des pharisiens et de Jésus diffèrent-ils ? d) Quel est le rapport de Jésus avec la violence légitime ? e) Que conclure de ce récit pour notre lutte contre la violence ?
5. Jésus dans le temple : Marc 11, 15-19 Contrairement à certaines représentations mielleuses d’un Jésus aux yeux doux et au teint rosé que l’on peut trouver dans les boutiques spécialisées, l’Evangile donne plutôt l’image d’un Jésus vigoureux et parfois même colérique. Il lui arrive même d’être violent ! Mais cette violence n’est-elle qu’une faiblesse humaine d’un Jésus à la fois Dieu et homme ? ou bien est-ce une stratégie légitime même aux yeux de Dieu ? a) Comment Jésus réagit-il dans le temple et pourquoi ? b) S’agit-il de violence et si oui, de quelle genre de violence ? c) Contre quoi Jésus agit-il et pourquoi ? d) Quelle réaction, le comportement de Jésus provoquera-t-il ? e) Son action était-elle justifiée à vos yeux ? f) Que conclure de ce récit pour notre propre lutte contre la violence ?
6.
Dieu, Caïn et Abel : un jeu scénique à partir de
Gn. 4 Il s’agit d’organiser un débat contradictoire entre les trois personnages principaux de l’histoire afin de chercher à mieux comprendre les sentiments et motivations ayant conduit à se meurtre. Temps : 90 à 105 minutes. Matériel : Bibles. Déroulement : a) Préparation (30min) : On commence par lire l'histoire en répartissant les rôles dans le groupe : narrateur, Caïn, Abel et Dieu. On divise ensuite le groupe en 3. Chacun a un nom : Caïn, Abel et Dieu Pendant 10 minutes, chaque groupe relève le plus d'informations possibles sur son rôle et les remarques qu'il pourra faire à propos du texte. b) Jeu (30-45min) : Le jeu proprement dit se déroule en deux phases : 1) la présentation : L'animateur(trice) demande à Caïn de se présenter, et de dire tout sur lui. Un représentant du groupe "Caïn" se lève et parle au nom de son personnage. On fait de même pour chaque groupe. 2) la discussion entre les 3 groupes : chaque membre d'un groupe peut prendre la parole et parler à la place du personnage dont son groupe porte le nom. Il peut poser une question à un autre groupe ou répondre à une autre question. NB : L'animateur(trice) peut aussi intervenir comme « journaliste » en posant des questions pour animer la discussion. c) Conclusion (30min) : On fait un tour de table pour recueillir les impressions de chacun(e) par rapport à l'histoire. On essaye alors de faire une synthèse en tirant des parallèles pour notre société.
7.
Esther et son peuple Voici une histoire Biblique qui se rapproche fortement du thème de la Campagne. L'étude de ce texte pourra s’avérer difficile à cause de sa longueur. On pourra préparer un résumé et choisir simplement quelques extraits importants de l'histoire. Le mieux serait d'utiliser la version grecque d'Esther qui contient des ajouts intéressants. Mais comme il s’agit d’un texte deutérocanonique, on ne le trouvera que dans les traductions œcuméniques et les éditions catholiques (Jérusalem) de la Bible. Proposition de passages à retenir : - complot de Haman contre les Juifs au chapitre 3 (version TOB, Esther grec) ; - intervention d'Esther au chapitre D (version TOB, Esther grec) ; - lettre de réhabilitation pour les juifs et de condamnation pour Haman au chapitre E (version TOB, Esther grec). Deux proposition d’animations : a) organiser un débat contradictoire comme pour Caïn et Abel ci-dessus avec pour personnages Haman, Mardochée, Esther et le Roi ; b) entreprendre une réécriture de la lettre de réhabilitation (chapitre E) en l’adaptant et en l’actualisant pour le contexte de notre pays aujourd’hui. |
Cahier d'Animation 2002
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