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Campagne Semaines Pascales 2002 Pour une société sans violence, combattons le tribalisme et la corruption |
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Cahier d'Animation 2002 |
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Avec les enfants
Bien que les enfants soient
confrontés tous les jours à la réalité de la violence, ce
n’est pas toujours facile d’aborder ce thème avec eux. Surtout
l’approche de la Campagne de cette année, à partir des liens
avec le tribalisme et la corruption, rend la problématique encore
plus complexe. Voici quelques propositions de travail à partir de
certains points importants liés au thème.
1.
Les préjugés et l’exclusion Pour aborder ce sujet avec des
jeunes enfants (5-10 ans) nous proposons de partir d’une histoire
classique écrite pour les enfants par Hans Christian Andersen : Le
Vilain petit canard. Un caneton né de fraîche date refusait de quitter le giron maternel.
Tous les autres canetons nouveau-nés s'en allaient barboter dans le
ruisseau, mais celui-là, qui était laid et tout brun, ne voulait pas s'éloigner
des flancs de sa mère. Finalement, la mère, s'impatientant, lui ordonna
d'aller rejoindre les autres. Mais ceux-ci lui dirent : « Va-t'en! Tu
es laid et tu troubles notre tranquillité. Va-t'en si tu ne veux pas avoir
d'ennuis ». Tous
les canetons l'ignoraient et il se sentait rejeté. Personne n'esquissait un
geste pour le défendre. Le malheureux caneton ne savait plus que faire ni où
se cacher. Il se sentait banni, rejeté qu'il était à cause de sa couleur
par les autres membres du groupe. Chaque jour qui passait était pire que le
précédent. Ses propres frères et soeurs lui disaient : « Qu'attends-tu
pour ficher le camp ? » Accablé de tristesse, le vilain petit canard s'éloigna en nageant à
contre-courant. Il était persuadé d'être si laid que personne ne voudrait
jamais être son ami. Poursuivant son voyage, le vilain petit canard arriva
un jour en vue d'une maison où vivaient une dame, un chat et une poule. Et
là, il se sentit compris et accepté. Arriva une bande de cygnes, offrant
à ses yeux un spectacle d'une beauté merveilleuse, et là encre, bien
qu'ils tolérassent sa compagnie, le vilain petit canard sentit la tristesse
le gagner parce qu'il croyait qu'il ne serait jamais comme eux. [...] A l’arrivée de la belle saison, le petit canard se sentit
beaucoup plus heureux parce qu'il voyait les fleurs qui commençaient à éclore
et entendait les oiseaux chanter dans les arbres. Quand il s'avança
au-dehors et se mit à nager, un autre oiseau remarqua sa beauté magnifique
et se dit : « Quel cygne splendide ! » Sans même s'en
apercevoir, le vilain petit canard s'était transformé en une créature de
toute beauté. Ce jour-là, il retourna à l'endroit où il était né. Ne le
reconnaissant pas, les canetons qui l'avaient auparavant abreuvé de
quolibets et rejeté furent tout à coup fascinés. « Que tu es
magnifique ! lui dirent-ils. Tes plumes sont si belles ! » Mais le
vilain petit canard, s'il fut extrêmement heureux de les entendre, n'en
devint pas vaniteux pour autant car il avait un grand cœur et il vit bien
à quel point ses amis étaient superficiels. Le caractère étranger du contexte
de cette histoire demandera une attention particulière de la part de la
personne qui raconte afin de bien en expliquer les différents détails. Il
serait même préférable de chercher une version illustrée du récit. Nous
proposons à partir de cette histoire d’entamer une discussion puis de
tenter une actualisation : a) Eléments pour une discussion : -
Expliquez les raisons pour lesquelles personne n'aime le
vilain petit canard et pourquoi il subit les attaques des autres ; -
Pensez-vous que ces raisons soient justes et bien fondées ? -
Pensez-vous que les êtres humains en général ont une
attitude semblable dans leurs rapports les uns avec les autres ? Donnez des
exemples concrets de cas de rejet et de
discrimination
dont vous avez eu connaissance. -
Après avoir entendu cette histoire, que pouvons-nous dire à
ceux qui agissent comme ça ? -
Les gens qui sont méprisés et rejetés font souvent un
complexe d'infériorité qui porte atteinte à l'estime qu'ils ont d'eux-mêmes.
Quelles parties de l’histoire traduisent, chez le vilain petit canard, la
perte de son estime de lui-même ? -
Peut-on se sentir bien avec les autres quand on ne se sent
pas bien avec soi-même? -
Comment pouvons-nous nous aider mutuellement à nous sentir
bien avec nous-mêmes ? b)
Actualisation Les
enfants se livrent à des jeux de rôle. Leur objet est d'opérer le
transfert du conte du Vilain petit canard à des situations de la vie réelle
dans le contexte de la famille et de la communauté. Exploration de thèmes
comme la projection de stéréotypes. Les enfants éprouvent, à travers les
jeux de rôle, les sentiments qu'inspire le fait d'être rejeté. Ils
pourront aussi spéculer sur d'autres manières dont les canetons auraient
pu résoudre les différences qui ont entraîné le rejet du vilain petit
canard. 2.
La différence et la ressemblance Pour
aborder le sujet de la différence et de la ressemblance, nous proposons de
partir de l’expérience qu’on les enfants de ces deux réalités dans le
cadre de leurs relations d’amitié. Nous proposons de travailler en deux
temps, d’abord un tour de table et puis une discussion. a)
Tour de table : A
tour de rôle, chacun(e) parle
d’un(e) ami(e) : -
Quand l’ai-je rencontré pour la première fois ? -
Quelle était mon impression (opinion) de lui/elle lorsque je
l’ai vu(e) pour la première fois ? -
Quelle est mon impression (opinion) de lui/elle aujourd’hui ? -
Que sais-je de lui/elle aujourd’hui ? -
En quoi sommes-nous semblables ? -
En quoi sommes-nous différents ? -
En quoi la différence entre nous est-elle une richesse ou un
avantage dans notre amitié ? b)
Discussion sur la richesse de la différence. On pourra aussi élargir à la
société et au monde. 3.
Utiliser un support musical On
peut aussi utiliser des musiques à la mode et que les enfants aiment
chanter
(Longué-Longué,
Petit-Pays) pour réfléchir sur les problèmes
sociaux. On peut initier une discussion avec les questions suivantes : -
que dit la chanson ? -
en quoi suis-je d’accord avec ce que dit la chanson ? -
en quoi ne suis-je pas d’accord ? 4.
Concevoir des sketches et des saynètes On
peut demander aux enfants de jouer un sketch selon les thèmes suivants :
-
deux familles de tribus différentes vivent dans la méfiance
réciproque, la gravité de la situation entraînant la violence entre les
enfants. Petit à petit pourtant ils découvrent (à travers une causerie éducative
p.ex.) le côté positif des différentes tribus et réconcilient leurs
parents ; -
deux jeunes enfants cheminant ensemble et se trouvent obligés
de se séparer parce qu'il ne sont pas de la même tribu ; - on imagine la visite de deux enfants du Rwanda dans la classe et la discussion qui pourra avoir lieu autour des conséquences de la violence causée par le tribalisme et la corruption. 5.
Utiliser des jeux coopératifs La plupart des jeux que nous connaissons ont recours au modèle
"gagnant-perdant" et favorisent le "chacun-pour-soi". Si
la compétition-émulation est constructive et facteur d'éducation à la
vie sociale, la compétition-exclusion conduit à des comportements
destructeurs tant chez le gagnant que chez les perdants. Quand elle se résume
à la loi du plus fort, la compétition est source de violence. Il est donc
important de maintenir un équilibre entre compétition et coopération. Le principe des jeux coopératifs repose sur la poursuite
d'un objectif de groupe qui ne pourra être réalisé que par l'entraide et
la solidarité entre les joueurs. Le défi proposé nécessite la
mobilisation de chacun et la concertation de tous. Il ne s'agit pas de
gagner sur l'adversaire mais de faire équipe et cause commune pour gagner
ensemble... ou de perdre ensemble si l'équipe s'est mal organisée. La coopération crée dans le groupe une sécurité de base,
une atmosphère de confiance où chacun peut apprendre à s'exprimer, à défendre
son point de vue avec assurance. Coopérer c'est "construire
ensemble", mais l'action collective n'est pas la simple addition des
actions individuelles ! Par le dialogue et la négociation, il est possible
de trouver ensemble la meilleure façon de jouer. Dans le sens de la sensibilisation, il serait intéressant
d’en essayer certains et de discuter ensuite avec les enfants sur la différence
entre ces jeux et les autres, sur l’intérêt ou non que l’on peut
trouver dans ces jeux… Quelques
exemples…
a) Assieds-toi sur moi ! Durée10' ; espace dégagé ; aucun matériel Déroulement : les joueurs forment un cercle assez étroit,
face au centre. Puis, chacun pivote d'un quart de tour, dans le sens indiqué
par le meneur de jeu de façon à se retrouver dos à ventre avec ses
voisins immédiats. Chacun pose les mains sur la taille ou les épaules de
son voisin de devant, garde les jambes bien serrées et fait en sorte de ne
pas être trop près ou trop loin de lui. Le meneur invite chacun à
s'asseoir sur les genoux de son voisin de derrière. Une fois le cercle
assis, le meneur invite les joueurs à se déplacer : en avant, en arrière,
en courant, en marchant, en sautillant.... Pour cela, ils doivent réagir
tous à la fois au signal. Remarques : plus les joueurs sont rapprochés dès
le départ du jeu, meilleur est l'équilibre du cercle assis. Si les joueurs
sont de tailles différentes, le meneur a intérêt à faire intercaler
petits et grands pour répartir équitablement le poids dans l'ensemble du
cercle. Intérêt du jeu : favoriser la coordination et l'équilibre de
l'ensemble du groupe b) Le dessin symétrique Durée 30' ; espace : n'importe où ; matériel : papier
quadrillé, crayons ou stylos de couleurs variées But du jeu : créer un dessin collectif Déroulement : Ce jeu peut se pratiquer au sein du groupe
tout entier ou en constituant tout d'abord des équipes (par exemple de 4 ou
de 5). Tout le monde est assis en cercle, tourné vers l'extérieur. Chaque
participant est muni de crayons ou de stylos et d'un support pour dessiner.
L'animateur distribue à chacun une feuille de papier quadrillé, dont le
centre est noté d'un point ou percé à l'aide d'une épingle. C'est de là
que partira le dessin, qui va être créé progressivement, d'un joueur à
l'autre, et qui devra présenter une symétrie. Le dessin sera uniquement géométrique,
fait de tracés de lignes droites et du coloriage de petites surfaces. Au
signal, chacun commence en posant un élément sur sa feuille à partir du
centre, en traçant une ligne droite ou en coloriant un carreau ou un
demi-carreau. Puis il passe la feuille à son voisin de droite et en reçoit
une de son voisin de gauche. Chacun ajoute alors un élément à la feuille
qu'il vient de recevoir et ainsi de suite. (Si les joueurs sont répartis en
sous-groupes, chaque équipe poursuit la création à son propre rythme).
Comme l'ensemble du dessin devra respecter la symétrie, il faudra tenir
compte de ce qu'a fait le joueur précédent. Tous les carreaux ne sont pas
nécessairement coloriés. L'animateur interrompra l'activité quand il le
jugera bon. Intérêt du jeu : rechercher l'équilibre entre désir
individuel et choix collectif ; coordonner et structurer un travail à la
fois collectif et créatif c) La lutte sans vainqueur Durée 30' ; espace dégagé ; aucun matériel But du jeu : utiliser toutes ses forces, mais ne pas chercher
à vaincre Déroulement : le meneur trace une ligne sur le sol. Les
joueurs se mettent par 2, de part et d'autre de cette ligne, en se tenant
par les épaules. Ils se poussent l'un l'autre de toutes leurs forces. Mais
dès que l'un sent que son partenaire est plus faible, il diminue sa propre
poussée, pour éviter d'aller au-delà de la ligne. Si l'autre augmente sa
poussée, le premier fera de même, de façon à ce que les deux utilisent
ensemble toute la force dont ils sont capables. Ensuite, les joueurs se
disent l'un à l'autre ce qu'ils ont éprouvé. Il est intéressant de
changer plusieurs fois de partenaire et de comparer les expériences en
faisant participer l'ensemble du groupe. Variantes : on peut pratiquer le même
jeu en se tenant dos à dos, ou fesses contre fesses... Intérêt du jeu : trouver dans la coopération un équilibre qui évite à la fois de démissionner devant l'obstacle et de chercher à écraser l'autre ; transformer en partenaire celui qui apparaissait comme un adversaire 6.
Concours de la plus belle histoire On pourra lancer dans la classe un concours de la plus belle
histoire vécue sur le tribalisme et la corruption (en milieu scolaire) soit
en tant que victime, soit en tant qu’acteur. On écoute tous ensemble les
histoires et on vote collectivement pour élire la plus belle (après avoir
proposé quelques critères). On peut prévoir quelques petites récompenses. |
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