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Campagne Semaines Pascales 2001 Combattons le tribalisme et la corruption pour une gestion transparente |
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Rôle
des religions dans la lutte contre le tribalisme et la corruption : Religions et construction de la paix: L'expérience des Eglises Protestantes au Cameroun
Rév.
Isaac M. KAMTA,
Service
Oecuménique pour la Paix Yaoundé le 29 mai 2001
Introduction
Nous sommes entièrement d'accord avec Hans Kung qui confesse :
"Pas de paix mondiale sans paix religieuse. Pas de paix religieuse
sans dialogue entre religions" Hans Kung : 1990 (Projet d'éthique
planétaire : La paix mondiale par la paix entre les religions. Seuil p.9)
Toute religion en elle-même est engagée dans la construction de
la paix. Mais seulement il faut distinguer la religion authentique qui est
obéissance et fidélité à Dieu l'être absolu, et les prétendues
religions qui ont déifié quelque chose de relatif qu'ils prétendent
adorer, car en réalité ces pseudo religions sont au service des intérêts
égoïstes de leur créateur ou de leur héritiers.
I - Religions et construction de la paix
Il est pourtant apparu des paradoxes dans l'histoire de toutes les
religions. Au lieu de construire la paix, elles ont souvent développer la
guerre et la violence. Au nom de Dieu, des injustices ont été commises
et des hommes, des femmes, des enfants ont été tués.
- Des croisades ont opposé les chrétiens et les musulmans (1031 -
1260) ;
- Cruelles guerres de religion entre catholiques et protestants
(1520-1698) ;
-
L'Eglise et l'Islam ont soutenu l'esclavage ;
- Hitler et Mussolini auraient eu le soutien du Pape ;
- Protestants et catholiques s'entre-tuent en Irlande.
Malgré ces moment et ces nombreux cas de dérapage de religion et
des
Eglises, elles ont un rôle essentiel. Et Hans Kung le souligne en ces
termes :
"Concrètement, celui qui, dans la tradition prophétique,
croit en Dieu devait avoir logiquement en vue, dans la pratique, le bien
de l'homme tel est le double commandement juif de l'amour de Dieu et du
prochain et sa radicalisation (jusqu'à l'amour de l'ennemi) dans le
sermon sur la montagne de Jésus. Tel est aussi l'appel inlassable du
Coran à la justice, à la véracité et aux bonnes oeuvres. Mais il nous
faut évoquer aussi, dans cette ligne, la doctrine bouddhique du triomphe
sur la souffrance humaine, ainsi que l'effort hindouiste en vue de
l'accomplissement du "dkarma" et l'exigence confucianiste de préserver
l'ordre cosmique et donc l'humain... Ce bien de l'homme, c'est la vie,
l'intégrité, la liberté et la solidarité, dans un sens tout à fait
concret. La dignité de l'homme, la liberté de l'homme, les droits de
l'homme ne relèvent pas seulement d'une affirmation positiviste, il
trouve dans la religion un fondement d'une profondeur inégalable".
(1990 p.99).
Au lieu de se renfermer sur elle-même et chercher à maintenir
dans la pureté coût que coûte ses instituions, son organisation et son
pouvoir de domination, toute religion est appelée à s'ouvrir aux autres
dans un dialogue ferme et fructueux. L'ennemi est le même, et particulièrement
au Cameroun ou toutes organisations religieuses sérieuses font face au développement
du tribalisme et à l'affermissement de la corruption.
Quel peut être la contribution du protestantisme dans la lutte
contre ce fléau?
II -
L'Eglise Protestante dans la construction de la paix au
Cameroun
Chaque période est caractérisée par les maux qui lui sont
propres. Sur le plan maladie, autrefois c'était la peste, hier c'était
le paludisme, la tuberculose ou la syphilis. Aujourd'hui, c'est le SIDA.
Sur le plan socio-politique économique, avant hier c'était l'esclavage
et la traite des noirs. Hier, c'était le colonialisme et l'impérialisme
des nations européennes. Aujourd'hui, le tribalisme ou la corruption
constituent les fléaux qui ruinent la société. Autrefois, avant hier et
hier,
l'Eglise est partie de la Bible. Elle s'est élevée contre tout fléau
qui défigurait dans l'homme l'image de Dieu. Il n'y a donc pas de raison
pour justifier qu'elle soit étrangère ou indifférente face au phénomène
de la corruption. Et ceci parce que la Bible elle-même n'est par ailleurs
pas muette sur le sujet.
Approche biblique
Quelques textes Bibliques mettent en relief la corruption dans sa réalité
: Luc 19 : 1-10 ; Mathieu 9 : 9-13
et Amos 2 : 1-8, mais spécialement Amos 2 : 4-8.
1- Amos 2 : 4-8
La corruption est la conséquence de la vie sans Dieu. Elle est le
fait de défigurer en l'autre l'image de Dieu. La corruption est un péché.
Et comme tout péché, elle rompe l'équilibre entre Dieu et l'Homme,
perturbe les relations entre les êtres humains, institue et entretient
l'injustice sociale.
Le libre d'Amos met en relief cette injustice sociale dans toute sa
laideur. L'injustice sociale ne bénéficie à personne, même si à court
terme les profiteurs se font l'illusion d'être les plus forts. Amos relève
quelques manifestations :
- les idoles mensongères : ce sont les objectifs que les gens se
donnent et s'efforcent d'atteindre. Mais la réalité est que cela ne leur
apporte vraiment rien de positif.
-
La vie humaine n'a plus de valeur. C'est l'argent qui détermine le
poids d'un être au sein de la société. On peut sacrifier la vie des êtres
humains, si cela peut permettre de gagner de 'l'argent. La vie des autres
est foulée au pied.
- La justice appartient à ceux qui peuvent payer au plus fort.
L'immoralité s'installe et avec elle la sexualité désordonnée et
incontrôlée. Alors suivent le gaspillage dans le manger et le boire, la
profanation du sacré. La religiosité devient hypocrite, surtout parce
qu'elle sert à cache ou à justifier ses écarts de justice.
Il se dit souvent que si l'homme crache en l'air, que l'on ne soit
pas surpris de recevoir sur sa tête les crachats. Dans la même lignée,
la Bible signale que le salaire du péché, c'est la mort. Romain 6 : 23
et Romain 8 : 5,6.
2 - Luc 19 : 1-10
Zachée est un haut fonctionnaire des douanes. On peut avoir des
douaniers irréprochables. Mais dans l'ensemble, les douaniers sont des
fonctionnaires dont les prestations sont rarement innocentes Zachée en
tout cas reconnaît pour sa part sa culpabilité mais c'est aussitôt pour
annoncer qu'il s'était trompé. Et immédiatement il veut, il cherche à
réparer le mal commis.
La réparation du mal commis ne dépend pas du bon vouloir de celui
qui a déclenché le processus. SI le désir de réparation est vraiment
sincère, cela doit se prouver par la conformité à une référence
normative, permettant de rétablir l'équilibre rompu. La restitution est
la suite normale de repentance et la renonciation à pratiquer la
corruption. Exode 22 : 1.
Jésus approuve la démarche de Zachée t encourage les personnes
qui seraient dans pareilles situations, de faire de même. Jésus a attiré
Zachée et sa rencontre avec lui l'a littéralement changé.
3 - Levi, Matthieu : 9-13
Lévi est aussi haut fonctionnaire des finances, affecté au
service des impôts. C'est Jésus qui vient à sa rencontre. Alors il se
convertit, abandonne tout et le suit. Pour manifester la joie de cette
conversion, il organise un banquet digne de son rang. Il est donc normal
que les invités soient de la même classe sociale que lui.
Jésus ne se gêne pas au milieu de ces gens que l'opinion publique
reconnaît comme rompus à la corruption. Au contraire Jésus
est bien à sa place. Mais il n'est pas là pour approuver ce
qu'ils font, ni pour se renier. Jésus y est parce qu'il a une mission
auprès d'eux. Luc 5 : 31-32.
Approche historique et
contextuelle
L'Eglise, la corruption et le tribalisme au Cameroun
Quand on sait que plus de 60 % de la population se réclame de
Christ, on put se demander si la corruption et le tribalisme sont
l'affaire de seulement des 40 % restants. La réponse serait affirmative
si les chrétiens ne se retrouvaient pas aussi en prison ou en justice
pour des malversations, des fraudes ou usage du faux. Même les
institutions de
l'Eglise ou les Eglises elles-mêmes ne sont pas les
exemples à suivre de bonne gestion ou de bonne moralité. Les chrétiens
ont comme critère de rassemblement en paroisse l'origine ethnique. Il est
arrivé que le pasteur affecté soit refusé d'accès à la Communauté
parce qu'il est d'une autre tribu.
En 1997,
l'Eglise Evangélique du Cameroun a frôlé le pire.
L'Eglise
Evangélique Luthérienne vient de loin et
l'E.P.C est encore dans la
boue. Aucune église protestante à l'heure actuelle n'est à l'abri du péché
du tribalisme.
Mais cela signifie-t-il que
l'Eglise est si compromise qu'elle ne
doit et peut rien faire ?
Les textes ci-dessus sont :
- La dénonciation et l'avertissement Amos
2 : 1-8 auquel on peut aussi adjoindre Esaïe
1 : 23 et 2 Chro 19 : 7. Ce rôle est celui de la sentinelle.
- La présence sur la scène ou se passent les opérations sur
lesquelles on compte agir sur le déroulement. Matthieu
9 : 9-13 et leurs parallèles Marc
2 : 14-17 et Luc 5 :27-32. Cette présence n'est pas l'approbation
mais pour accomplir une mission, le témoignage.
- L'attraction : On doit tellement inspirer la confiance et la sécurité
que ceux qui ont les problèmes doivent tout mettre en œuvre pour
atteindre la source d'où peut venir la solution pour toutes leurs inquiétudes
et préoccupations. Luc 19 : 1-10.
Ceci peut constituer le rôle de
l'Eglise non seulement en ce qui
concerne la corruption et le tribalisme mais dans la lutte contre le règne
du péché et d toutes les forces destructrices du mal. Comment
l'Eglise
a-t-elle assumé ce rôle ?
L'Eglise Evangélique du Cameroun nous sert de point de repère, et
de temps en temps on peut soit généraliser, soit emprunter à d'autres
Eglises.
L'Eglise comme sentinelle
Elle est la première Eglise chrétienne au Cameroun. Elle est
arrivée non pas uniquement pour les motifs spirituels, mais à cause
d'eux et pour la transformation du pays des hommes. Et ceci dans le cadre
de leur vie social, économique et politique.
Le pasteur Merrick Africain d'origine t ancien esclave, s'installa
à Douala le 6 novembre 1846. Il n'était pas envoyé par les Eglises
d'Europe. Ce sont ses frères de sang de
l'Eglise de la Jamaïque qui le
faisaient. En effet,
l'Evangile les avait aidé à briser le joug de
l'esclavage. Et l'acte d'émancipation du 1er août 1838 leur
avait permis de recouvrer leur liberté et leur dignité d'homme. En
reconnaissance à Dieu, ils avaient décidé de devenir sentinelle en
Afrique pour plus jamais pareille humiliation et dégradation d long ne se
reproduise.
Sur leurs traces,
l'Eglise du Cameroun pré coloniale a
farouchement lutté contre le mal dominant de l'époque, l'esclavage et la
traite des noirs. Une société anti-esclavagiste vit le jour en 1847 à
Bimbia.
Avec l'annexion du Cameroun par l'Allemagne, la manifestation
flagrante du péch devient l'impérialisme. La mission de Bâle qui avait
remplacé la B.M.S. s'opposa ferment à la politique d'aliénation des
camerounais et d'exploitation sauvage de leur pays. Cela apparut dans la
lutte pour l'utilisation des langues locales comme langue d'instruction et
dans le projet d'exproprier les terres et caser leurs anciens propriétaires
dans les réserves.
Von Puttkammer fut relevé
de ses fonctions de gouverneur suite aux dénonciations de ses agissements
inhumains et du conflit qui s'en suivit avec la
B.M... Celle-ci était
toujours du côté de la justice et surtout du côté des victimes de
l'injustice. Cela ne signifie pas que
l'Eglise eut toujours du succès.
Elle soutint les Douala dans la revendication de leurs terres confisquées
par le gouvernement impérial. Mais elle ne parvint pas à faire quelque
chose pour empêcher la pendaison de ses membres,
Douala Manga Bell et Ngosso Din, même le pasteur
Modi Din évita la corde de justesse et connut les affres de la
prison et de la déportation.
Il faut aussi signaler que Paul Martin Samba, de la mission presbytérienne
et protestant de la même époque à l'intérieur du Cameroun fut aussi
pendu parce qu'il s'était aussi opposé aux abus du pouvoir allemand.
Avec la fin de la première guerre mondiale, le Cameroun oriental
passa sous le contrôle de la France sous les régimes de tutelle et de
mandat. Mais la France tendait à considérer le pays comme une simple
colonie.
L'Eglise, avec le soutien de la Société des Missions Evangéliques
de Paris s'opposa à l'assimilation et pour cela eut beaucoup de démêlées
avec le pouvoir colonial français. Pour la France elle représentait un
contre pouvoir. Elle pouvait porter sur la place publique de la Société
des Nations et de l'O.N.U. ses malversations et ses tricheries au
Cameroun.
Depuis l'avènement de l'indépendance, le problème majeur est
celui des conditions de vie des Camerounais. La pauvreté et la misère,
chaque jour gagnent du terrain et avec elles, la crise morale, dont une
face visible est la corruption et le tribalisme.
L'Eglise est devenue autonome et est dirigée par les nationaux. Il
en est de même pour le nouvel état indépendant. Les nouveaux dirigeants
doivent chacun définir le rôle de chacune des institutions respectives
et les relations à entretenir entre elles.
Pour les protestants, il est certain "que
l'Eglise ne peut et
ne doit pas prétendre diriger la vie politique d'un pays. Néanmoins,
elle doit se sentir dans l'obligation d'intervenir occasionnellement et
officiellement ; elle doit constamment souligner que son action touche
l'ensemble de la vie des hommes, y compris la politique, et qu'elle ne
doit pas être limitée à ce qu'on appelle "les affaires
religieuses". En effet, le pouvoir de Dieu est la source de tous les
pouvoirs humains et la justice divine mesure toute justice humaine e en révèle
les injustices. (La semaine
camerounaise, Journal
protestant n° 30 du 7 novembre
1962 p. 2).
L'Eglise est-elle demeurée fidèle à sa tâche telle qu'elle la définissait
aux premières années de l'indépendance ? n brandissant le spectre de
l'unité nationale, le gouvernement Ahidjo a réussit à divertir
l'Eglise
de sa mission. De ce fait, elle est tombée dans le piège du pouvoir. Son
rôle de sentinelle s'en est trouvé attiédi, et suffisamment. Où en
sommes-nous aujourd'hui ?
L'Eglise témoin et servante
Il faut éviter de réduire
l'Eglise au clergé. Ce dernier en tout
et pour tout fait partie e
l'Eglise et ne saurait pour rien au monde se
substituer à elle ce serait faire violence à la Bible.
L'Eglise est
l'ensemble du peuple de Dieu, c'est à dire de tous ceux qui reconnaissent
sur leur vie la seigneurie du Christ mort et ressuscité.
La foi chrétienne ce n'est pas seulement la doctrine. C'est le vécu
que les autres voient. C'est la vie dans la vérité, la justice et
l'amour.
Et en ce sens,
l'Eglise a été présente au Cameroun depuis sa
fondation. Nous avons signalé la constitution de la société
anti-esclavagiste à Bimbia en 1847. Douala
Manga Bell Ngosso Din et Paul Martin Samba ont payé de leur vie et le
pasteur Modi Din a été en prison. C'était à cause de leur foi et
de leur engagement pour l'avènement de la justice et du royaume de Dieu
sur la terre.
L'hymne national du Cameroun est une expression de la présence
protestante, de son témoignage au sein de la société. Il exprime le
projet que s faisait le protestantisme pour le Cameroun. "O
Cameroun berceau de nos ancêtres, autrefois tu vécus dans la barbarie,
comme un soleil tu commences à paraître, peu à peu tu sors de ta
sauvagerie. Que tous tes enfants du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest
soient tout amour".
Dans cette perspective, à l'origine de la lutte contre le
colonialisme et pour l'indépendance, se trouve le protestantisme. Pas
seulement les pasteurs, mais beaucoup plus les laïcs, et des noms entre
autres apparaissent : Le Pasteur
Lottin à Samé , Ruben Um Nyobé, Félix Moumié...
Ils ne sont pas arrivés au pouvoir. Ils n'ont pas pu mettre en
pratique leur projet, leur vision et leur témoignage chrétien. Mais même
leurs ennemis, leurs assassins en ont été influencés.
Du rôle de sentinelle,
l'Eglise doit passer à celui de témoin.
Et on n'a pas besoin d'être pasteur pour le savoir. A synode général de
l'Eglise Evangélique du Cameroun à Dibombari en 1994, le ministre
Edouard Koula constata :
"il faut sortir de vos déclarations, il faut aller plus loin
; il faut que vous ayez des gens qui soient pasteurs, laïcs, des hommes
de bonne volonté qui peuvent étudier les problèmes qui se posent à
l'Eglise
tels que de résoudre les problèmes du Cameroun, mais une église, et je
l'ai dit ...une église qui se tait, est une église complice. Une Eglise
du silence est une Eglise compromission. Et une église qui ne va pas au
devant des problèmes, qui n'accomplit pas ses missions est une église démissionnaire,
or l'église est missionnaire ou démissionnaire, et mon devoir en tant
que membre de
l'Eglise Evangélique est de le dire". (L'Appel n° 8 février, mars - avril 1994).
Il faut des femmes et des hommes courageux qui prennent des risques
pour leur foi, à cause de leur foi. Des Camerounais l'ont fait. J.F.
Bayart rapport que William Mbumua,
alors ministre de l'éducation nationale, fut remercié par Ahidjo, parce
qu'il s'était élevé contre sa politique de destruction à feu lent de
l'école confessionnelle qu'il considérait comme foyer de subversion. Le Dr.
Adamou Ndam
Njoya paya le même prix pour sa rigueur.
Il semble qu'aujourd'hui, le témoignage de
l'Eglise et particulièrement
des Eglises protestantes n'est plus ce qu'il devrait être. Et pourtant ce
témoignage doit être si effectif et si convainquant que comme Zachée
beaucoup doivent chercher à découvrir son secret, et pourquoi pas son
charme.
Ainsi il appartient à
l'Eglise d'être ce qu'elle est, en s'efforçant
de devenir ce qu'elle doit être. Elle doit se mettre à son service et au
service des autres. Elle doit servir Dieu et non se servir de Dieu. Servir
le monde et non se servir du monde.
Pour son propre service, elle se doit de prendre au sérieux la
formation. Celle des pasteurs, des différents responsables et de tous les
chrétiens. Cette formation consistera à l'apprentissage de la lecture de
la Bible. En effet les protestants, soit ne lisent plus la Bible, soit la
lisent de manière paresseuse, nocive et tendancieuse. Cette formation
consistera aussi à réhabiliter la mémoire de ceux qui ont marqué l'évolution
et l'histoire de notre pays ou de la société par leur opposition à
l'injustice ou à l'exploitation de l'être humain. Il s'agit pour
l'Eglise
de réfléchir et d'agir sur un terrain ou elle a montré ses limites :
Comment
l'Eglise Protestantes accompagne-t-elle membres engagés dans la
vie politique ?
L'Eglise rendra service aux autres par son rayonnement et sa manière
de gérer ses propres structures et ses propres institutions. Par la
solidarité et l'amour qui doivent caractériser la vie communautaire. Il
ne faut pas perdre de vue que dans les actes des Apôtres on reconnaissait
les chrétiens par la qualité d'amour qui les animait et liait les uns
aux autres. La manière des chrétiens de s'occuper de la chose publique
doit être une leçon et une invitation à faire comme lui.
En ce qui concerne la corruption ou le tribalisme, ils sont la
manifestation concrète de la vie hors de Dieu. Or que savent les chrétiens
aujourd'hui de leur raison de vivre ? Accumuler semble être devenu la
devise de l'homme moderne. L'homme n'est plus le centre de la vie, mais
plutôt l'argent. Peu après la dévaluation du Franc CFA en 1994,
l'ancien
d'Eglise Martin
Dsamou, en sa qualité de banquier, fit cette
mise en garde :
Que le propos soit moral, spirituel ou économique, la Parole de
Dieu en général, et l'évangile en particulier, mettent en garde contre
la personnification ou la déification de l'argent. Car dans le monde
aujourd'hui au lieu que l'homme se serve de l'argent, c'est plutôt
l'argent qui se sert de lui en le subordonnant à ses buts. Il est
illusoire de croire qu'une fois les questions d'argent et de dévaluation
réglés tous les problèmes de l'homme et de société seraient par-là résolus.
Même si dans le monde aujourd'hui l'argent reste une puissance indéniable
étant donné que tout dans la vie se paie et s'achète d'une manière ou
d'une autre, la religion de l'argent dévalué ou surévalué ne sauvera
jamais l'homme.
Pour
aller de l'avant
La corruption comme le tribalisme est un péché. Ils constituent
un facteur, un catalyseur d'injustice sociale, de pauvreté et de misère.
L'Eglise ne peut être indifférente face au phénomène de la corruption.
Elle est dans le monde même si elle ne fait pas partie du monde et ne
saurait s'identifier à celui-ci. En conséquence, ceux qui la constituent
se trouvent dans tous les rouages de la société et sont aussi victimes
ou acteur de la corruption. Le monde qui souffre des méfaits et du drame
de la corruption est la propriété de Dieu.
L'Eglise comme messagère de
ce Dieu est appelée à agir, et ce n'est pas nouveau.
- La repentance et la conversion. 2
Chro 7 : 14 et 12 : 6 et 7
L'Eglise n'a pas toujours été la sentinelle. Non seulement elle
est devenue passive mais plus, elle s'est suffisamment mouillée au point
de devenir griotte et collaboratrice des forces du mal. La repentance et
la conversion doivent être opérationnelles à trois niveaux : Individuel
- Collectif : Eglises et Institutions - national et/ou régional.
- La réhabilitation de la parole de Dieu (Amos
: 11 et 2 Thimothée 3 : 16 et 17)
Elle remet
l'Eglise à sa place et la réengage à sa mission prophétique
: La dénonciation, le témoignage et le service. Les initiatives comme
cette rencontre entrent dans cette redécouverte de la mission prophétique
de
l'Eglise. Le Service Oecuménique a produit un livre : Les
conflits ethniques au Cameroun : Quelles sources ? Quelle solutions ?
C'est
toujours dans le but d'apporter la contribution des églises pour plus de
justice et de paix au Cameroun. Il s'agit pour les Eglises Protestantes de
prendre en considération le rôle des autres églises et des autres
confessions religieuses dans la mission de transformation sociale au
Cameroun.
Elles peuvent réussir, elles doivent réussir.
Que Dieu bénisse. |