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Campagne Semaines Pascales 2001 Combattons le tribalisme et la corruption pour une gestion transparente |
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Cahier d'Animation 2001 |
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Des
valeurs pour combattre le tribalisme et la corruption Pour
mieux inspirer nos actions de lutte contre la corruption et le tribalisme,
voici quelques réflexion sur des valeurs religieuses importantes et
partagées par nos différentes traditions. Notre volonté n’est pas de
faire un mélange inter-religieux, mais de montrer que quelque soit notre
héritage spirituel, notre foi nous pousse à nous engager contre la
corruption et le tribalisme. La
vérité Pour
les traditions chrétiennes et musulmanes, la vérité est ce qui est
solide, authentique, ce sur quoi l’on peut se fier. L’homme de vérité
est l’être intègre, fidèle, sur qui on peut compter. Dieu lui-même
est vrai, il est fidèle, il
est constant dans ses promesses. La
vérité est donc moins une source d’adhésion intellectuelle qu’un
cadre de rapports humains harmonieux, basés sur la confiance et sur le
respect mutuel. Le mensonge par contre est ce qui brise cette harmonie et
cette confiance. Il entraîne la méfiance, la discorde et souvent la
rupture de relation. Pourtant,
malgré l’importance de la vérité dans nos valeurs religieuses (« Je
suis le chemin, la vérité et la vie » dit Jésus ; Al-Haqq,
la vérité, est un des 99 attributs de Allah dans le Coran) ), nous
pratiquons couramment le mensonge, au point d’avoir totalement banalisé
ce vice. On ment quand il s’agit de s’excuser, on ment lorsqu’il
s’agit de marchander, on ment lorsqu’il s’agit de cacher un défaut
personnel… On peut bien sûr estimer tout ceci insignifiant, mais il ne
faudrait pas oublier que le mensonge, si ordinaire qu’il soit, représente
toujours le premier pas vers la triche, la fraude, la corruption et le
tribalisme. Le
respect et la connaissance de la Loi Pour
les religions chrétienne et musulmane, Dieu est un Dieu qui se révèle.
La révélation de Dieu renvoie toujours à des exigences, c’est ce que
l’on appelle la Loi (Shari‘ah, Dix commandements, loi
d’amour, etc.). Dans
l’Ancien Testament, Dieu révèle sa Loi à Moïse, après la sortie
d’Egypte et avant l’entrée en Terre Promise. Autrement dit, la Loi révélée
n’est pas une limitation, une réduction ou un enfermement. Elle
participe au contraire de la libération de l’esclavage (de
l’arbitraire, de l’exploitation des faibles par les forts) pour
construire une manière de vivre ensemble harmonieuse. Cela demande deux
choses : que la Loi soit au service de l’Homme (et non l’Homme au
service de la Loi cf. Mc 2,27) et que si elle l’est, elle soit respectée.
Ce qui à son tour exige que la Loi soit connue, qu’elle soit méditée
et commentée. Qu’en
est-il aujourd’hui des lois et règlements en vigueur dans nos pays ?
Sont-ils au service de l’Homme ? Permettent-ils une vie harmonieuse
en société ? Sont-ils même connus par les membres de la société ?
Sans loi révélée ne va–t-on pas rester esclaves de l’arbitraire, de
la loi de la jungle, de l’exploitation des faibles par les forts ? L'effort Les différentes traditions religieuses reconnaissent le
chemin de la vertu comme étant une voie difficile, demandant au croyant
un effort particulier. La Bible parle de la porte étroite et de la croix
que chacun doit porter pour suivre le Christ. La tradition musulmane réserve
une place centrale à la notion de Djihad, qui littéralement veut dire
« effort » et qui selon beaucoup d'interprètes n'est pas
seulement une guerre externe, mais aussi une guerre sacrée interne à
mener contre les vices et les faiblesses intérieurs. La religion ne
comprend donc pas la vie ici bas comme un lieu de repos ou de simple
jouissance. Il faut travailler, il faut mériter son salaire. L'effort est
valorisé. Malheureusement la société ne valorise pas toujours
l'effort. Les tricheurs et les escrocs semblent récompensés et les honnêtes
gens sont perdants. Du coup les jeunes en particulier sont poussés à
laisser de côté le chemin dur de l'éducation intègre, pour chercher
l'argent facile de la corruption et de la magouille. L'authenticité et la transparence Les Ecritures Saintes présentent un Dieu qui voit tout et
qui sait tout. Le Coran nomme Dieu
Al-Basïr, Celui qui voit tout. On ne
peut pas se cacher de son regard (comme Adam et Eve pensaient pouvoir le
faire après avoir mangé du fruit défendu). « Seigneur, tu m'as
scruté et tu connais, tu connais mon coucher et mon lever; de loin tu
discernes mes projets » (Psaume 139,1-2). On ne peut pas jouer la
comédie devant Dieu et Dieu ne veut pas non plus que nous jouions la comédie
les uns devant les autres. Jésus par exemple aide ses interlocuteurs à
assumer ce qu'ils sont. Rappelons-nous des paroles de la Samaritaine :
« Venez donc voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne
serait-il pas le Christ? » (Jean 4,29). Rechercher la transparence c'est aussi cette authenticité-là : ne pas se cacher devant les autres, puisque devant Dieu on ne peut pas se cacher. Le Bien Commun Même si la Bible et le Coran ne connaissent pas les concepts modernes de Bien Commun ou d'espace public (tel que décrits plus haut), il est clair que les valeurs qui se trouvent derrière ces concepts sont au centre même des convictions religieuses. Les Ecritures Saintes sont traversées par un mouvement général qui va du particulier vers l'universel : à partir du choix d'un peuple ou d'une personne, Dieu veut toucher la multitude. Jésus invite à quitter les liens familiaux pour entrer dans une communauté plus vaste (Mc 3, 31-35), une communauté qui ne signifie pas l'abandon de toute identité particulière, mais le respect de chacun et de chacune et la recherche d'un bien commun. La liberté face à l'argent L'argent est une réalité profondément ambiguë. Comme moyen d'échange universel, il est capable du meilleur comme du pire. Mais il devient vraiment dangereux lorsqu'il est absolutisé et prend la place de Dieu. Il devient alors « Mammon » : puissance démoniaque de la possession (Lc 16,13). « Celui qui aime l'argent, dit l'Ecclésiaste (5,9), n'en a jamais assez. Bien sûr, il ne s'agit pas non plus de se complaire dans la misère ou de justifier les injustices sociales par une « théologie de la pauvreté ». Mais les différentes traditions religieuses connaissent toute l'insistance sur le don, le partage, les aumônes. C'est bien là le signe que la foi nous invite à nous libérer de cette faim sans mesure de l'argent, qui est toujours signe d'autre chose : faim de puissance, de certitudes, d'amour de soi-même, de survie et d'éternité, et qui est la source de tant de méfaits tels que le vol ou la corruption. |
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