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Campagne Semaines Pascales 2001

Combattons le tribalisme et la corruption pour une gestion transparente

Cahier d'Animation 2001

Le déroulement

Les contributions

Le Cahier d'animation

Les photos

 

A Hong Kong: Une commission contre la corruption 

 

Si de nos jours la police royale de Hong Kong est parmi les plus efficaces et les moins corrompues d'Asie, cela n'a pas toujours été le cas. Jusque dans les années 1960 et au début des années 1970, la corruption était encore omniprésente dans la hiérarchie policière. Leçons d'une lutte efficace.               

Depuis le XIXème siècle, Hong Kong était un foyer notoire de traitement et de réexportation de la drogue. La demi douzaine d'organisations clandestines régissant l'empire des narcotiques versait régulièrement de l'argent à diverses unités de policiers pour pouvoir travailler en paix. Un petit réseau de revente au détail se lia avec des officiers de police en poste dans le secteur. Ceux-ci recevaient chaque jour environ 10 000 dollars en échange de leur silence ou pour avoir signalé à l'avance des descentes décidées à un échelon supérieur. De fausses arrestations ou de fausses saisies étaient couramment effectuées pour permettre aux policiers de répondre aux demandes de leurs chefs.

Ces liens tissés avec les policiers corrompus permettaient aussi aux maisons de jeu d'être prévenues des descentes de police. Des «acteurs» payés se substituaient au personnel du casino et aux habitués de l'établissement. Une fois au poste, les acteurs voyaient leurs amendes réglées par le syndicat et on les relâchait après une nuit de prison. Les grands casinos de l'Ile de Hong Kong payaient jusqu'à 10'000 dollars HGK par jour    pour être protégés tandis qu'ils brassaient quotidiennement un volume de mises de l'ordre de 600'000 dollars et empochaient un bénéfice journalier de 25'000 dollars. Les officines de pari mutuel versaient chaque semaine entre 1'500 et 3'000 dollars à la police, selon le volume des sommes engagées.

En matière de prostitution, la police était achetée pour que ne soient pas effectués les contrôles réglementaires concernant le recrutement des prostituées, la gestion des maisons de passe, les salons de massage non autorisés et le racolage.

Plus courante encore était la corruption sur les routes. Les chauffeurs de taxi et conducteurs de camions arrosaient fréquemment la police pour « arranger » les choses en cas d'infraction et pour ainsi échapper aux poursuites ou pour écoper d'une amende moins lourde. Quelque 65’000 dollars HGK étaient chaque mois collectés de la sorte et les sommes étaient partagées de façon organisée et hiérarchique : 50 dollars pour un simple agent de police, 150 pour un brigadier, 500 pour un inspecteur, 1’000 pour le commissaire principal et 4’000 pour le commissaire divisionnaire. L'habitude de se faire payer étant prise, certains policiers envisagèrent la possibilité d'extorquer de l'argent. A la suite de quoi, le public se mit à redouter la police, laquelle devient arrogante à son égard et entreprit de se faire payer à propos de tout et de n'importe quoi.

Grâce à la révolution populaire en Chine dont les effets se firent ressentir à Hong Kong à la fin des années 1960, une classe nouvelle émergea, celle des jeunes professionnels diplômés dont le sentiment d'appartenance et le sens civique étaient plus marqués que ceux de l'ancienne génération. Certains d'entre eux organisèrent des groupes de pression afin de pouvoir s'exprimer sur des questions d'intérêt général et sommer le gouvernement de rendre compte de son action. L'une de leurs préoccupations était la corruption des pouvoirs publics.

Créée le 17 octobre 1973, la commission indépendante de lutte contre la corruption entra en fonction le 1er février 1974 sous la direction de Jack Cater, Citoyen apprécié de la population locale chinoise pour sa carrière remarquable dans les instances dirigeantes de la colonie et sur tout pour avoir présidé à la croissance économique de Hong Kong au cours des années 1960.

La stratégie de lutte contre la corruption utilisée par Jack Cater se résume dans trois idées : faire en sorte que les coupables aient plus de chance d'être pris, restructurer la bureaucratie d'Etat afin de réduire les occasions de corruption et modifier l'attitude des gens à l'égard de la corruption.

Trois bureaux furent organisés pour répondre à ces objectifs.

Le Bureau des opérations avait pour tâche de mettre rapidement en place une dissuasion réelle, une force capable de remplir d'effroi le cœur des corrompus. La branche des «Cibles collectives» était chargée des enquêtes et poursuites en matière de corruption, du suivi des plaintes adressées par les usagers par le téléphone rouge ou dans les centres de doléances. La branche des «cibles personnalisées» épluchait les finances des fonctionnaires vivant au-dessus de leurs moyens.

Le Bureau de prévention de la corruption était chargé de surveiller de manière franche, stricte et incisive les pratiques et procédures utilisées au sein de l'administration d'Etat et des Corps ou services publics définis par la loi. Ceci se faisait par une étude et une analyse rigoureuses des divers systèmes et méthodes d'organisation et de déroulement du travail dans le but de supprimer ou de simplifier chaque fois que c'est possible ou souhaitable, les lois inapplicables, les procédures lourdes, les pratiques vagues et inefficaces génératrices de corruption.

Le Bureau des relations avec la communauté finalement créa des agences locales pour collecter auprès des habitants de quartier des informations relatives à la corruption et pour lancer à la base, des activités éducatives sur les ravages de la corruption.

Ces efforts furent couronnés par des succès palpables. Ainsi entre 1974 et 1975, la Commission Indépendante de lutte contre la corruption examina 2 466 plaintes relatives à la corruption sur les 6 368 reçues. Elle obtint en particulier, avec le concours du procureur général et du gouverneur, l'extradition et la mise en accusation du Commiassaire Godber pour motif de corruption. Ce commissaire réexpédié à Hong Kong fut déclaré coupable au début de 1975 et écopa quatre ans de prison.               

                                                                                                                                 

Extraits du livre de Robert KLITGAARD: Combattre la corruption, novembre 1999

Cahier d'Animation 2001

 

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Exemples de lutte

Outils pour la lutte

Poèmes et prières

 

Liturgie oecuménique

 

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