|
Accueil - Présentation - Forum - Documents - Contact - Liens - English
|
Campagne Semaines Pascales 2001 Combattons le tribalisme et la corruption pour une gestion transparente |
|
|
Cahier d'Animation 2001 |
||
|
Animation
de
groupes:
Lire
les problèmes à la lumière de convictions religieuses
Dans un deuxième temps d'un travail en groupe autour du thème « Combattons le tribalisme et la corruption pour une gestion transparente », nous proposons de faire le lien entre les problèmes analysés en première partie et la foi. En quoi la réalité résonne-t-elle dans ma vie de croyant? En quoi les Ecritures Saintes et les convictions religieuses éclairent-elles la réalité et quel sens lui donnent-elles? Pour ce faire nous proposons deux démarches différentes, mais qui peuvent aussi être prises de manière complémentaire : des études bibliques et des réflexions à partir d'importantes valeurs éthiques. Il est possible que certains groupes préféreront ne pas aborder la question en termes religieux mais plutôt à partir de convictions humanistes. Ceux-ci trouverons dans la partie b des éléments qui inspireront leur démarche.
a) Etudes bibliques Nous proposons ici dix animations bibliques autour du thème « Combattons le tribalisme et la corruption pour une gestion transparente ». A chaque fois, il s'agit d'un certain nombre de questions auxquelles on pourra réfléchir individuellement, en petits groupes ou en plénum. Chaque animation forme une unité et peut être prise séparément. Mais on pourra aussi suivre la suite d'études bibliques telles que présentées ici.
1. Ex 23, 1-8 : Assurer une justice équitable.
Les
Dix Commandements (Ex. 20, 1-21) et le Code de l'Alliance (Ex. 20,22 _
23,33) représentent la Loi révélée par Dieu, qui permettra au peuple
d'Israël de vivre en paix et en harmonie dans la Terre Promise. Mais
cette Loi n'a de sens que si elle est appliquée de manière juste et équitable.
- Quelles sont les différentes exigences formulées dans ce passage ? -
A qui ces exigences sont-elles adressées ? -
Pourquoi ces exigences sont-elles si importantes ?
Qu'impliquent-elles ? -
Pensez-vous que ces exigences sont satisfaites aujourd'hui ? Pourquoi ?
- Quelles sont les conséquences de la non-observation de ces exigences aujourd'hui ?
2. Luc 3, 1-14 : Prédication de Jean-Baptiste. Jean-Baptiste, précurseur du Christ, est pour ainsi
dire le dernier grand prophète de l'Ancienne Alliance. Il interpelle la
foule en l'appelant à changer de comportement. Par là même il dénonce
certaines pratiques perverses mais répandues.
- Quels sont les différents groupes sociaux présentés
dans la scène ? - Quels sont les messages adressés par Jean-Baptiste
aux différents groupes sociaux ? - Que peut-on déduire de ces messages sur les
pratiques courantes de ces groupes sociaux ? - En transposant la scène dans notre pays aujourd'hui, quels messages Jean-Baptiste pourrait-il adresser à quels groupes sociaux ? (On pourrait réécrire la scène avec des personnages tirés de notre contexte actuel).
3. Michée 3, 9-11 : Corruption des prêtres et des prophètes Le pays de Michée est en pleine crise. Samarie est
tombée en 722 av.J-C. Même Jérusalem est assiégée en 701 av.J-C. Mais
le prophète, perspicace, voit bien que la crise n'est pas qu'externe. La
crise est aussi interne au pays. Au nom de Dieu, il dénonce les péchés
des dirigeants et des responsables, l'injustice sociale et la corruption
ambiante.
- Qui sont les personnes ou groupes sociaux visés
par le prophète dans ce passage ? - Que reproche-t-il à ces personnes ou groupes
sociaux ? - Quelle lecture le prophète fait-il de la crise
politique que subit le pays ? - Quelles sont les ressemblances et les différences
entre la situation décrite par Michée et celle que nous vivons
aujourd'hui ? - Existe-t-il des prophètes comme Michée aujourd'hui ? Qui sont-ils ?
4. Amos 5,10-15 : Corruption au tribunal et Amos
8, 4-8 : Tricher au marché Amos, le premier des « prophètes classiques »
adresse un message de la part de Dieu au royaume d'Israël (royaume du
Nord). C'est une parole de jugement adressée à une société qui rend un
culte superficiel à Dieu tout en violant honteusement la justice
sociale.
- Dans ces deux passages, qui sont les personnes visées
par le prophète ? - Que leur reproche-t-il ? - Quels tableaux des systèmes juridique et économique
le prophète dépeint-il ? - A qui profitent ces systèmes ? Qui en souffre ?
- Quelles sont les ressemblances et les différences entre la situation décrite par Amos et celle que nous vivons aujourd'hui ? 5. Mat 25, 14-30 : parabole des talents et Mc 4, 21-25 : parabole de la lampe La parabole des talents, dont on trouve deux versions chez Matthieu et
chez Luc, peut être vue comme un commentaire de la parole de Jésus en
Marc 4, 25. Les deux passages nous interpellent sur notre manière de gérer
les biens qui nous sont remis.
- Comparez Mat 25, 14-30 et Mc 4, 21-25 : quelles ressemblances voyez-vous ? - Les commentateurs comprennent souvent les talents comme
étant des biens spirituels ou des compétences personnelles. Quelles
seraient alors pour vous concrètement ces talents et quel sens prendrait
alors la parabole ? - Et si on prend les talents comme des biens matériels à
gérer, comment faudrait-il alors comprendre la parabole ? - Quel type de relations à l'intérieur de la société
ces deux passages exigent-ils ? - Notre société correspond-elle à ces exigences ?
Pourquoi ?
6. Luc 4, 1-13 : La tentation de Jésus
Comme tout être humain, Jésus a été tenté. La Bible nous rapporte en
particulier trois tentations qui ont eu lieu tout au début de son ministère.
Le Tentateur met tout en œuvre pour corrompre le Christ, mais celui-ci résiste
et ne se laisse pas corrompre.
- Quelles sont les trois manières dont Jésus a été tenté ? - Quelle stratégie Jésus utilise-t-il pour répondre à
la tentation ? - Peut-on qualifier ces tentations de tentative de
corruption ? Pourquoi ? - Quelles sont les ressemblances et les différences entre
ces trois tentations et les phénomènes de corruption les plus courants aujourd'hui
? - En quoi la stratégie de Jésus peut-elle nous aider à refuser la
corruption ?
7. Mat 20, 20-28 : Demande de faveur par la mère de Jacques et de Jean
La communauté que le Christ instaure est différente des autres
communautés. Mais cette vision nouvelle des rapports humains se heurte à
nos vieilles habitudes. Pas étonnant alors que des problèmes surgissent
comme lorsqu'une maman veut obtenir des faveurs pour ses enfants.
- Qui sont les différents personnages présents dans ce passage ? - Quels sont leurs attentes ? - Comment Jésus répond-il ou ne répond-il pas à ces
attentes ? - Comment vous expliquez-vous les comportements des différents
personnages dans le récit ? - Quels liens peut-on faire entre ce récit et la problématique
de la corruption et du tribalisme ? - Quelles implications voyez-vous dans les paroles du Christ pour notre vie de tous les jours ? Est-ce facile de vivre ainsi ?
8. Marc 3, 31-35 : La famille de Jésus.
La Bible ne connaît pas les concepts modernes d'espace public ou de bien commun. Mais il apparaît clairement que le Christ invite à dépasser le cadre privé, familial et clanique pour s'ouvrir à une fraternité universelle. Ceci apparaît très clairement dans sa manière de définir sa propre famille. - Qui sont les différents personnages présents dans ce passage ? - Quels sont leurs attentes ? - Comment Jésus répond-il ou ne répond-il pas à ces
attentes ? - Quelles implications voyez-vous dans les paroles du Christ pour notre
vie de tous les jours ?
9. Mat 28, 11-15 : Soldats corrompus pour nier la résurrection du Christ
La mort et la résurrection de Jésus-Christ est liée à deux récits de corruption : la trahison de Judas et l'achat du silence des soldats. Ce deuxième récit est particulièrement intéressant puisqu'il montre comment les pratiques de fraudes continuent à s'opposer à la vérité et à la vie après la résurrection du Christ.
- Quels sont les différents personnages présents dans ce passage ? - Quels sont les comportements et les intentions de ces
différents personnages ? Qu'est-ce qui les motive? - En comparant avec Mt 27, 62-65, que penser de la
situation décrite dans ce passage ? - En pensant à l'impact qu'aura la nouvelle de la résurrection
du Christ, comment jugez-vous du comportement des chefs des prêtres ?
- Quelle morale peut-on déduire de ce passage au sujet de la corruption ?
10. Luc 12, 16-21 : parabole du riche insensé
La Bible n'est pas un manuel de gestion d'entreprise. Malgré cela elle
présente du moins des valeurs fondamentales, comme dans la parabole du
riche insensé, qui peuvent inspirer une gestion bonne et
transparente.
- En quoi le riche de la parabole est-il insensé ? - De quoi ne semble-t-il pas tenir compte dans sa gestion ?
- Quel changement d'optique la parabole veut-elle induire
chez le lecteur ? - Quel changement de comportement cette nouvelle optique
peut-elle apporter ? - Quelles implications ceci pourrait-il avoir sur notre manière de gérer
nos affaires ?
b)
Réflexions à partir de valeurs éthiques
Les
propositions d'animation autour de valeurs éthiques que nous présentons
ici s'inspirent principalement des réflexions contenues dans l'article
Des
valeurs pour combattre le tribalisme et la corruption
1. Recherche de valeurs éthiques
Pour commencer une réflexion à partir de valeurs éthiques religieuses
ou humanistes, on pourrait proposer une animation permettant au groupe de
déterminer quelles sont à leur avis les valeurs éthiques qui s'opposent
à la corruption et au tribalisme
a) A travers un brainstorming, les participants expriment toutes les idées de valeurs (religieuses ou humanistes) qui leur passent par la tête et qui s'opposent à la corruption et au tribalisme. L'animateur prend note sur un grand tableau. b) On discute ensuite de la pertinence de chaque
proposition. c) On peut ensuite, pour chaque cas, se demander : quelle est l'importance que nous accordons à cette valeur dans nos vies et pourquoi ? quelles difficultés rencontrons-nous dans l'application concrète de ces valeurs ? quelles implications cela a-t-il sur le développement de la corruption et du tribalisme ?
2. Vérité et mensonge
Pour un travail autour des thèmes « vérité et mensonge », nous proposons de commencer par un petit jeu de mensonge, avant d'entreprendre la réflexion proprement dite.
a) On fait un tour de table où chaque participant est invité à raconter une histoire (vraie ou fausse). b) Les autres participants doivent alors deviner si
l'histoire racontée est « vérité » ou « mensonge ».
(on fait par exemple voter en levant les mains : qui dit « vérité »
et qui dit « mensonge » ? c) On peut alors voir qui est arrivé à tromper ou à
surprendre le plus d'autres participants. d) On peut ensuite discuter (en petits groupes p.ex.) des
questions suivantes : - Pourquoi ressent-on du plaisir à tromper les autres ?
- A quelles occasions nous arrive-t-il de mentir ? - Que gagne-t-on à mentir ? que perd-on ? - Faut-il toujours dire la vérité ou existe-t-il des cas
où le mensonge se justifie ? - Comment le mensonge peut-il devenir corruption ?
Quels liens voyez-vous ?
3. Le respect de la Loi
Si cela n'a pas déjà été fait plus tôt, on pourra utiliser l'animation « Jeu sans transparence » comme introduction à une réflexion sur le rôle de la loi et l'importance de son respect et de sa connaissance.
4. L'authenticité et la transparence
Afin d'engager une réflexion sur l'authenticité et la
transparence, nous vous proposons de commencer par un exercice personnel
avant de travailler en groupe. a) D'abord chaque participant prend une feuille de papier recto-verso. Le recto est la zone officielle : chacun y écrit les informations à son sujet qui lui paraissent les plus importantes et qu'il estime pouvoir partager avec les autres participants. Le verso par contre est la zone personnelle ou intime : ici chacun écrit les informations à son sujet qui sont secrètes et qu'il ne veut pas partager avec les autres. Il est important de dire que cet exercice restera personnel, qu'on n'échangera pas les feuilles et que chacun pourra détruire sa feuille à la fin de la rencontre. b) Ensuite chacun regarde le verso de sa feuille et se
demande ce qui se passerait si ces « secrets » étaient rendus
publics, transparents. Chacun se demande aussi dans quelle mesure sa
non-transparence peut troubler ou compliquer les relations avec les autres
membres du groupe. c) Dans un deuxième temps, les participants échangent
(en groupes ou en plénum) sur les découvertes et les prises de
conscience faites durant l'exercice. d) On peut ensuite faire le même exercice pour le groupe :
on prend une grande feuille recto-verso pour présenter le groupe
(l'association ou la commission). Le recto comportera les informations que
l'on peut partager avec le grand public et sur le verso, on inscrira
ensemble les informations, les souvenirs ou les renseignements qui sont
intimes, qui font partie des secrets du groupe (on peut aussi prendre deux
feuilles). e) On réfléchira ensuite sur les résultats obtenus :
avons-nous des secrets ? Lesquels ? Ce manque de transparence
est-il justifié ? A-t-il des implications sur les relations avec
l'extérieur ? f) De manière plus générale, on réfléchira alors sur
la transparence : quand est-elle nécessaire ? Quand peut-on
s'en passer ? Quand est-elle gênante ? Y a-t-il des relations
(famille, couple, profession) qui exigent plus de transparence que
d'autres ?Llesquelles ? Quelle transparence pour quel type de
relation ?
5. Le Bien commun
Pour réfléchir sur le bien commun, nous proposons de réfléchir
individuellement et puis d'échanger (en petits groupes) sur
l'appartenance à différents groupes sociaux, avant d'en venir à la société
en tant que telle.
a) On travaille tout d'abord individuellement à partir des questions suivantes: - Quels sont les groupes sociaux dont je fais partie
(groupes, associations, corps professionnels, partis politiques, etc.) ?
- Quels sont les groupes sociaux que j'ai choisis et ceux
que je n'ai pas choisis ? - Quels sont les avantages et les obligations qui sont liés
à ces appartenances sociales ? - Que représente pour moi l'appartenance à la société
en tant que telle ? - Quels sont les avantages et les obligations liés à mon
appartenance à la société en tant que telle ? b) Dans un deuxième temps, on échange sur les réflexions
menées individuellement. c) On réfléchit ensuite sur les implications de ces réflexions :
- Que représente pour nous la société ? Quels
avantages et quelles obligations voyons-nous dans le fait d'appartenir à
la société ? - Est-il plus facile d'avoir un rapport avec un groupe
social concret ou avec la société générale et abstraite ? - Que représente pour nous
le
bien commun ? - Que pensez-vous de l'affirmation « En Afrique, il
est normal de donner priorité aux obligations de proximité (face à la
famille, au village et au clan) plutôt qu'à une réalité générale et
abstraite comme la société ou le bien commun ». - Quelles implications ces constatations peuvent -elles avoir sur les problèmes de corruption et de tribalisme ?
6. L'effort
Pour parler en groupe de la valeur de l'effort, nous proposons de travailler à partir de quelques questions. a) En petits groupes, on échange sur les questions suivantes : - Pensez-vous que l'on puisse devenir riche en travaillant
honnêtement ? - Quel est pour vous le moyen le plus efficace pour
devenir riche : le vol, la triche, l'effort, les jeux de hasard,
l'aide d'autrui, un départ à l'étranger, autre ? - Pensez-vous que votre effort est toujours récompensé
à sa juste mesure ? - Que faudrait-il faire pour mieux valoriser l'effort dans
notre société ? b) Dans un deuxième temps on met en commun les réflexions
menées en petits groupes. c) On pourra aussi s'interroger sur les efforts et les sacrifices à consentir pour promouvoir l'honnêteté, la justice et la paix dans la société.
7. La liberté face à l'argent
L'animation que nous proposons ici permet de parler à l'intérieur du
groupe de ce que chacune et chacun ressent face à l'argent (la perte, le
gain, le don, le cadeau) pour réfléchir sur l'attitude de chacun face à
l'argent et les liens entre l'argent et la vie en collectivité.
a) D'abord l'animateur propose aux participants de prendre l'argent, ( ou seulement la monnaie en laissant de côté les billets pour dédramatiser l'expérience) qui est dans leurs poches et leur demande de compter cet argent. b) Puis l'animateur propose aux participants de se
promener dans la pièce et de distribuer leur argent à qui ils veulent.
(N.B. On ne précise pas à ce moment-là si on redistribue à al fin de
l'exercice l'argent que l'on reçoit ou pas; ce sera discuté plus tard).
Quand chacun a distribué son argent, on se rassied et chacun pose
l'argent qu'il a reçu devant soi. c) L'animateur propose alors que chacun, à son tour,
passe devant le tas des autres et se serve à sa guise. Quand un
participant a fait le tour, il se rassied et garde ce qu'il a récolté
dans sa main sans le mélanger au tas qui est devant lui. Quand tout le
monde a passé, chacun pose son pécule devant lui et on fait l'évaluation.
d) On passe ensuite à la phase d'évaluation. Chacun
s'exprime sur ce qui a été vécu lors des phases a), b) et c), ce qui a
été fait, ce qui a été ressenti, quelles valeurs sont évoquées,
quels critères de choix. e) On discute ensuite ensemble de ce qui va être fait de
l'argent que chacun possède maintenant. L'animateur doit veiller à ce
que la décision du groupe ne violente personne et évitera à prendre une
décision prise à la majorité (qui frustrera un minorité). La solution
envisagée doit être acceptable pour tous, sinon chacun reprend l'argent
qu'il avait au départ. f) On peut ensuite faire le lien avec la vie de tous les jours, avec
notre relation à l'argent, avec la convoitise et la problématique de la
corruption.
Remarque : Cette animation peut faire sortir des émotions fortes. Elle nécessite un animateur expérimenté et un groupe qui se connaît bien |
Cahier d'Animation 2001
Réflexions et analyses Exemples de lutte
Outils pour la lutte
Animations en groupe |