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Campagne Semaines Pascales 2001 Combattons le tribalisme et la corruption pour une gestion transparente |
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Cahier d'Animation 2001 |
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Animation de groupes: Voir et comprendre les problèmes Selon l'identité des groupes ou des mouvements qui désirent travailler le thème, ils seront plutôt intéressés soit à partir des réalités de corruption et de tribalisme en général, soit à se limiter à des cas concrets et précis
a) Réfléchir sur les réalités de corruption et de tribalisme de manière générale
1. La chaîne d'associations
La
méthode de la chaîne d'associations (p.ex. comme première approche du
problème) permet d'analyser différentes interprétations d'un mot à
partir des expériences vécues par les participants.
a) On demande d'abord à chaque participant de rapporter un ou plusieurs faits vécus personnellement en rapport avec l'un des thèmes (ou les deux). On peut éventuellement décider de se limiter à un certain domaine (p.ex. le cadre du travail, l'association ou l'Eglise…) b)
Sur un tableau, on fait l'inventaire des expériences ainsi récoltées c)
On demande aux participants s'ils sont d'accord avec les exemples
recueillis, s'ils correspondent tous au thème donné, si oui (ou si non)
pourquoi ? On essaye de se mettre tous d'accord sur la liste
d'exemples, ce qui permet de se mettre aussi d'accord sur une définition
du thème. d)
On peut ensuite essayer d'ordonner les divers exemples selon divers
aspects (les lieux de manifestation, les acteurs en présence, les formes
du phénomène, etc.). e)
On essaye alors de voir ensemble si les exemples donnés sont représentatifs
de tous les aspects du problème ou s'il y a des aspects qui sont restés
à l'écart. f)
On demande finalement aux participants en quoi leur compréhension du phénomène
a évolué.
Remarque : On peut aussi utiliser cette méthode d'animation à la fin d'un travail pour faire une synthèse ou pour tirer des conclusions.
3. D'accord ou pas d'accord
Voici tout d'abord un certain nombre d'affirmations que l'on entend parfois ici et là. Il sera intéressant de les travailler en groupe afin de voir en quoi on est d'accord avec elles et en quoi on ne l'est pas. Deux méthodes d'animation sont proposées ci-après. >
Le concept de transparence n'est pas adapté à la mentalité africaine
qui est trop liée à l'informel et aux contacts humains directs. >
La lutte contre la corruption est favorisée par les blancs pour éviter
que les noirs ne s'enrichissent sur leurs dos. >
On ne pourra pas faire disparaître le tribalisme tant qu'il y aura des
tribus. >
La transparence est une mode et les modes passent. >
Le multipartisme favorise la corruption et le tribalisme. >
La corruption est positive parce qu'elle permet d'éviter les lourdeurs
administratives. >
Tant que les gens seront pauvres, il y aura toujours la corruption et le
tribalisme. >
En Afrique, il est normal de donner priorité aux obligations de proximité
(face à la famille, au village et au clan) plutôt qu'à une loi générale
et abstraite. >
La corruption n'existe que dans les pays sous-développés. N.B. :
Rares sont les affirmations entièrement vraies ou entièrement fausses.
Il faut souvent nuancer, préciser, relativiser… Il est bon d'en tenir
compte dans l'animation. Les
animateurs peuvent aussi choisir d'autres affirmations de même type mieux
adaptées à leurs groupes.
Première proposition d'animation :
a) En petits groupes, les participants lisent les différentes affirmations et discutent ensuite : en quoi êtes-vous d'accord avec elles et en quoi ne l'êtes-vous pas ? Si vous n'êtes que partiellement d'accord avec une affirmation ou que derrière une affirmation fausse se cache une vérité partielle, reformulez les affirmations pour qu'elles correspondent à la réalité ! b) En plénum, on rassemble alors les résultats et on en discute.
Deuxième proposition d'animation :
a) Tout d'abord, on libère l'espace de toutes les tables et on arrange les chaises en deux ragées en opposition à chaque extrémité de la salle. b)
L'animateur se tient au milieu. Il propose une affirmation (qu'il aura
p.ex. inscrite sur un panneau) aux participants qui sont encore debout
dans l'espace entre les deux rangées de chaises. c)
L'animateur invite ensuite ceux qui ne sont pas d'accord avec
l'affirmation d'aller s'asseoir à sa gauche et ceux qui sont d'accord
avec l'affirmation d'aller s'asseoir à sa droite (il est nécessaire que
chacun prenne position). d)
L'animateur invite ensuite les deux groupes à entreprendre un (bref) débat
contradictoire : chaque groupe explique son point de vue et essaye de
convaincre l'autre. e)
Au cas où tous les participants se rangeraient du même coté,
l'animateur leur demandera simplement de donner les raisons de leur choix.
f)
L'animateur procédera de la même manière avec toutes les affirmations. g) On pourra ensuite essayer de reformuler les affirmations pour mettre d'accord tout le monde.
4. Parler des expériences de résistance
Une
manière concrète de parler des problèmes de tribalisme et de corruption
serait de partager nos expériences en matière de lutte contre ces fléaux
et de réfléchir à partir de ceux-ci.
a) Dans un tour de table chacun partage ses propres expériences en matières de résistance au tribalisme et à la corruption. Chacun raconte un événement où il a pu éviter de jouer le jeu de la corruption ou du tribalisme (payer le « gombo », recevoir ou donner un avantage, etc.) et un événement où il n'a pas pu. b)
On réfléchi ensuite sur la question de savoir qu'est-ce qui dans chaque
cas a favorisé un comportement honnête ou qu'est-ce qui l'a empêché. c)
Sur un tableau, on fait l'inventaire des divers paramètres influençant
le comportement honnête. d) On pourra finalement organiser un débat sur la question : est-il possible de rester honnête dans une société corrompue ?
5. Le schéma arborescent
La
méthode du schéma arborescent permet au groupe de dégrossir un thème
en le fractionnant en sous-thèmes et idées-forces. Il est bon de
travailler en petits groupes (3-5 personnes).
a) L'animateur note au milieu d'un panneau (ou sur le sol au milieu du groupe) le thème principal. b)
Chaque participant qui a une idée la note sur un carton (env. 10cm/20cm)
se lève et va le placer sur le panneau (ou le sol) en mettant l'idée en
relation soit avec le thème principal, soit avec un sous-thème déjà
noté (voir illustration). c)
Ensemble, on pourra au fur et à mesure organiser et réorganiser le schéma,
demander des explications, fusionner les idées semblables, etc.
6. Lire et discuter des articles tirés de ce Cahier d'animation ou d'ailleurs.
Les
articles présentés dans ce Cahier d'animation peuvent - comme d'autres
articles d'ailleurs - servir de base pour une réflexion en groupe. La méthode
de travail présentée ici est une possibilité parmi beaucoup d'autres
pour entreprendre une analyse commune d'un texte.
a) L'animateur choisira au préalable un ou plusieurs extraits d'articles qui lui paraissent intéressants et peuvent permettre un débat en provoquant des réactions. b)
Chaque membre du groupe dispose d'un texte et le lit en silence. Chacun
souligne en bleu les passages avec lesquels il est d'accord, en rouge ceux
avec lesquels il n'est pas d'accord, en noir les passages avec lesquels il
n'est qu'en partie d'accord. c)
Chacun indique le nombre de ligne soulignées de chaque couleur. On forme
les sous-groupes de travail d'après la couleur dominante ou le nombre de
lignes soulignées en rouge. d)
Les participants s'échangent en sous-groupes sur les raisons de leurs
choix. e)
En grand groupe, on discute surtout de ce avec quoi on n'est que
partiellement ou pas du tout d'accord. f)
A l'aide des idées ainsi apportées, on recherche comment travailler plus
profondément le sujet.
corruption et la transparence, nous proposons (surtout s'il s'agit d'un groupe de jeunes) de commencer par un jeu dont les règles sont partiellement cachées aux participants. On pourra ensuite travailler à partir des expériences faites durant ce jeu.
a) On prépare tout d'abord le jeu : photocopier en agrandissant ou recopier le plan de jeu ci-dessus sur un format A4. Chaque joueur reçoit un pion. On aura aussi besoin d'un dé. b)
Dans un grand groupe il est possible de ne faire jouer qu'une partie des
membres et de placer les autres tout autour comme observateurs du
comportement des joueurs. c)
Le meneur de jeu (l'animateur) tient en main les « Règles du jeu »
sans les montrer aux participants. d)
En début du jeu tous les pions se trouvent sur la case 1. Chaque joueur
lance une fois le dé et c'est celui qui a le résultat le plus élevé
qui commence. e)
A tour de rôle, les joueurs lancent le dé et avancent leur pion du
nombre de cases obtenu. f) A chaque fois qu'un pion tombe sur une case grise, l'animateur lit l'indication qui correspond sur les « Règles du jeu ». g)
Il serait bon que l'animateur triche parfois en changeant les indications
afin de favoriser visiblement l'un des joueurs. Le but étant de voir
comment les joueurs réagissent dans une situation de non-transparence, où
les règles ne sont pas claires et l'égalité des chances ne
semble
h) A la fin de la partie, chaque participant dit comment il s'est senti pendant le jeu. i)
On demande aussi aux observateurs de partager leurs constatations :
les joueurs sont-ils devenus sceptiques ? ont-ils perdu confiance
dans le meneur de jeu ? ont-ils demandé à voir les règles ?
etc. j)
On s'interroge alors sur les ressemblances avec la vie réelle, en
particulier avec la corruption et la non-transparence. k)
Y a-t-il aussi des règles de jeu dans la vie ? lesquelles ?
Qu'arrive-t-ils si elles ne sont pas respectées ou tout simplement pas
connues ? Lorsque les décisions semblent arbitraires ? l)
On pourra finalement jouer encore une fois le jeu en mettant les règles
sur la table, visibles pour tout le monde. On remarquera alors la différence
d'avec le premier jeu.
Règles
du jeu
Case 4: Avancer de 3 cases Case
8: Reculer de 3 cases Case
11: Avancer de 4 cases Case
16: Avancer d'une case Case
21: Avancer d'une case Case
24: Reculer de 2 cases Case 27: Avancer de 2 cases Case 30: Reculer de 2 cases Case
32: Reculer de 3 cases Case
35: Avancer de 4 cases Case
40: Reculer de 4 cases Case
42: Reculer de 4 cases Case
44: Le premier arrivé sur cette case a gagné
b)
Réfléchir sur des cas concrets de corruption et de tribalisme
Surtout si le groupe travaillant le thème a l'intention de devenir actif et d'intervenir face à une réalité de corruption ou de tribalisme, il sera important de prendre le temps de bien analyser la situation en question.
1. Analyser un problème social
Il existe de nombreuses méthodes pour analyser un problème social. La méthode choisie ici est relativement simple et peut s'adapter à des problèmes d'ordre divers. Il est important que ces réflexions se fassent de manière participative et collective (en plénum ou en petits groupes) en notant le plus possible les idées sur un panneau ou un tableau. a) On choisit d'abord une situation concrète et toujours d'actualité de tribalisme ou de corruption. On peut utiliser par exemple les étapes a) à c) de la démarche « Partager des expériences personnelles » ci-dessus. b)
On fait alors une description du problème choisi en tenant compte de tous
les détails possibles. On essaye en particulier de relever tous les
protagonistes (acteurs ou victimes ; personnes, groupes ou
institutions) touchés de près ou de loin par le problème (on utilisera
par exemple la méthode du brainstorming) . c)
On réfléchit ensuite sur l'historique du problème: quand est-il apparu?
Qu'est-ce qui l'a provoqué? Quand est-ce qu'on s'est rendu compte de la
gravité du problème? Qu'est-ce qui a attiré notre attention sur le
problème? d)
On s'interroge ensuite sur les intérêts que les divers acteurs ont dans
le maintien de la situation : intérêts financiers, intérêts de
pouvoir, intérêts de prestige, etc. Certains groupes ou certaines
personnes perdraient-elles de l'argent, de l'influence ou de leur statut
social si le problème était résolu ? e) Puis on s'interroge sur les structures mentales, les traditions culturelles et religieuses qui maintiennent ou perpétuent le problème. Quelles sont les causes du problème qui se trouvent dans nos têtes (idées, croyances, habitudes)? Le problème est-il lié à un manque d'information, des idées fausses ou des préjugés ? f)
On s'interroge ensuite sur notre propre rôle : quelles sont nos
attitudes individuelles et collectives qui créent, entretiennent ou
prolongent le problème? g)
Le groupe discute ensuite des questions suivantes: après ces réflexions
et ces discussions comprenons-nous mieux les causes du problème? Quelles
sont les idées les plus importantes ou nouvelles qui apparaissent
clairement à l'issue de cette analyse? h)
Avant de passer à l'action il faudra encore se poser les questions
suivantes: que pouvons-nous faire individuellement ou en groupe pour résoudre
ce problème? Quels sont les moyens dont nous disposons et qui nous
aideront à réaliser un plan d'action? Pouvons-nous en trouver d'autres?
Y a-t-il un aspect de ce problème que nous pouvons aborder dès
maintenant? Par où devons-nous commencer?
2. Jeter un regard critique sur sa propre structure
Afin de rendre crédible toute démarche entreprise dans le cadre de la campagne, nous encourageons les groupes, les associations, les paroisses et les ONGs à prendre d'abord le temps de se regarder soi-même, de s'interroger sur la réalité du tribalisme et de la corruption à l'intérieur de sa propre structure. Ce n'est qu'ainsi que l'on pourra prêcher par l'exemple. a) Dans un premier temps, il sera très important de donner à ce travail quelques règles (l'authenticité des interventions de chacun(e), le respect mutuel et la confidentialité) afin de garantir le plus possible la liberté d'expression de chacun(e). b)
Les questions à aborder (de préférence par petits groupes) sont par
exemple les suivantes : -
Comment jugez-vous la transparence de votre structure (cf.
définition
de la transparence)? -
Comment jugez-vous votre propre état d'information quant aux décisions
prises et aux transactions financières ? -
Avez-vous déjà rencontré des situations de tribalisme ou de corruption
dans votre structure ? si oui, lesquelles ? -
Pensez-vous qu'il est possible qu'un membre, un collaborateur ou un
responsable de votre structure abuse de sa situation pour des intérêts
privés (personnels, familiaux ou claniques) ? -
Avez-vous confiance dans les systèmes de contrôle de votre structure
(commissaires aux comptes, censeurs, bureaux d'expertises aux comptes,
conseils d'administration, etc.) ? -
Comment pourrait-on améliorer la transparence de votre structure ? c)
On pourra finalement étudier le
code contre la corruption dans ce cahier.
3. Le théâtre-forum
La méthode du théâtre-forum, proche du jeu de rôle, permet de comprendre de l'intérieur une situation réelle et découvrir comment l'améliorer ou la transformer.
a)
D'abord un participant apporte une situation réelle et vécue. On lui
demande de se rappeler le plus de détails possible. Quels sont les
personnages qui étaient présents et comment ils ont agi. b)
Puis on choisit un certain nombre d'acteurs pour jouer les personnages de
la situation. Ils écoutent attentivement une seconde fois le récit pour
s'imprégner de leur rôle. c)
Les acteurs jouent la scène en se faisant corriger par celui qui a apporté
la situation. Ceci permet de coller au mieux à la réalité :
paroles, attitudes, etc. d)
Une fois que la scène correspond à la réalité vécue, chaque
participant est invité à chercher à améliorer la situation. On ne
parle pas depuis sa place, mais on vient prendre la place de l'un ou
l'autre acteur pour intervenir dans la scène. On peut ainsi jouer et
rejouer plusieurs fois la même situation, en essayant toujours
d'influencer le cours de l'histoire. e)
Après le jeu, chaque acteur exprimera comment il a vécu la scène, ce
qu'il a ressenti et ce qu'il a pensé en tant que personnage. Cela
permettra de mieux comprendre la réalité. f) On pourra finalement réfléchir ensemble sur les stratégies à mettre en œuvre dans la réalité pour agir face à un tel problème.
N.B. Il est important de bien marquer le passage entre le jeu et la phase d'après. Il est parfois difficile de quitter son rôle pour prendre de la distance et réfléchir sur ce qui vient de se passer.
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