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Campagne Semaines Pascales 2000 Vaincre le tribalisme pour créer une Église Famille et un Cameroun réconcilié et uni |
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Contributions |
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TRIBALISME ET ÉLECTION DANS LA BIBLE Par l'Abbé Marcus NDONGMO, Professeur de Théologie morale à l'Université Catholique d'Afrique Centrale. En
Afrique
en
général
et
au
Cameroun
en
particulier,
le
tribalisme
est
un
fait
prépondérant.
Il
se
vit
à
tous
les
niveaux
de
la
société.
Pour
endiguer
ce
phénomène
dévastateur
qui
est
à
l'origine
de
nombreux
conflits
sociaux
et
guerres
tribales,
et
dans
la
perspective
de
construire
un
Cameroun
réconcilié
et
uni
en
même
temps
qu'une
Eglise-Famille
comme
l'ont
souhaité
les
pères
évêques
au
synode
africain,
il
nous
a
paru
nécessaire
de
parcourir
la
Bible
et
de
voir
comment
le
phénomène
y
est
abordé. Vu superficiellement, le fait que Dieu ait à choisir particulièrement certaines personnes comme ses élues fait penser à un exclusivisme. Il privilégierait certaines personnes par rapport à d'autres ; il accorderait ses faveurs et ses grâces à quelques-uns et pas à d'autres. L'on peut dès lors se demander sur quels critères agirait-il ainsi ? Son élection, serait-ce le résultat d'une décision arbitraire, auquel cas ne serait-il pas plutôt un Dieu despote, injuste et scandaleux ? De plus, l'élection d'un peuple ou d'un individu particuliers ne met-elle pas en mal la recherche d'un universel ? Comment comprendre que Dieu se présente comme le Dieu de tout le monde alors que par ailleurs il a un choix et un amour de prédilection pour certains ? Si toutes ces ambiguïtés que nous signalons n'étaient pas levées, nous tomberions inévitablement dans le tribalisme qui consiste à croire que nous sommes supérieurs à d'autres, que nous avons des vertus particulières dont nous pouvons nous vanter et par conséquent rabaisser ou mépriser les autres. Cette surestimation de soi qui n'est autre qu'un orgueil démesuré, en s'enfermant sur ses privilèges, excite la jalousie des autres qui, cherchant à relever le défi, provoquent des tensions et des guerres fratricides. On comprend pourquoi nous devons nous inscrire en faux contre une telle interprétation. Le principe biblique de l'élection signifie tout autre chose et nous pouvons ici en déployer les différentes caractéristiques. La
première
caractéristique
du
principe
de
l'élection,
c'est
la
gratuité
et
l'initiative
première
de
Dieu.
Dieu
aime
le
premier
et
c'est
lui
qui
a
l'initiative.
Amour
prévenant
et
gratuit
de
Dieu
sans
aucun
mérite
de
notre
part.
Comme
le
rappelle
Deut.7,7
si
Yahvé
a
choisi
le
peuple
Israël,
ce
n'est
pas
parce
qu'il
est
le
peuple
le
plus
nombreux
ou
le
plus
puissant
;
au
contraire,
c'est
le
plus
faible
des
peuples.
De
même,
le
Christ,
en
prenant
l'initiative
de
choisir
les
douze
Apôtres
est
bien
conscient
de
leur
fragilité.
Auprès
des
scribes
et
des
pharisiens,
ils
ne
représentent
rien
du
tout
;
ils
ne
sont
que
des
pauvres
pêcheurs.
Mais
la
puissance
de
Dieu
se
révèle
dans
la
faiblesse
humaine
comme
le
dit
Saint
Paul.
Les
élus
de
Dieu
sont
donc
appelés
à
un
comportement
nouveau
qui
se
résume
dans
la
vertu
de
l'humilité.
Aucun
des
élus
dans
la
Bible
ne
se
croit
être
digne
de
l'amour
prévenant
de
Dieu.
Ainsi
en
est-il
de
Moïse
(Ex.3),
d'Amos
(Am.7,15),
de
Jérémie
(Jér.1,4-10),
de
Marie
(Lc.1,26-38)
etc.
C'est
dire
qu'aucun
mérite,
aucune
valeur
de
la
part
des
hommes
ne
justifient
le
choix
de
Dieu.
Ce
choix
est
purement
gratuit
et
œuvre
d'amour
de
Dieu. Enfin, la troisième caractéristique concerne le passage du particulier à l'universel. A partir du choix d'un peuple ou d'une personne, Dieu veut atteindre la multitude. A Israël qui au retour de l'exil semble l'oublier, les prophètes rappellent les perspectives universalistes du salut. Le choix du roi païen Cyrus comme le libérateur d'Israël aura été une attestation que Dieu est véritablement le Dieu de tous. Cette réalité est manifeste avec Jésus-Christ qui vient pour le salut de tous sans aucune exception. C'est parce que le Christ est tellement unique qu'il est seul vraiment universel. Il n'y a donc d'uniques que solidaires. Toute vocation particulière est corrélative d'une mission universelle. L'élu qui a fait l'expérience de l'amour particulier de Dieu doit révéler à tous les hommes qu'ils sont aimés de manière particulière et unique par Dieu. C'est en fait la mission des douze Apôtres ainsi que celle de l'Eglise à travers toutes les nations. Partant de l'élu le plus petit et le plus faible, on peut ainsi atteindre l'universel. En mettant en œuvre ces différentes caractéristiques du principe biblique de l'élection, nous voyons alors comment il nous est possible de vaincre le tribalisme. Si notre peuple ou notre tribu se croit élu de Dieu, ce n'est pas à cause d'un mérite personnel. C'est une grâce de l'amour prévenant de Dieu que nous devons déployer au service des autres et surtout des plus faibles. |