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Campagne Semaines Pascales 2000 Vaincre le tribalisme pour créer une Église Famille et un Cameroun réconcilié et uni |
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MESSAGE PASCAL 2000 Pasteur Jean-Blaise KENMOGNE du Cercle International pour la Promotion de la Création et le Père Bernard GROUX de la Commission diocésaine Justice et Paix de Bafoussam. Lecture biblique : Jean 20, 19-23 C'était au lendemain de Sabbat, dimanche de Pâques. Cela faisait deux jours que Jésus de Nazareth était mort, crucifié. Dans la ville de Jérusalem, les disciples se retrouvèrent pour se recueillir, pour partager un repas, pour être entre eux. Ils n'allaient pas bien. Ils ressentaient le besoin de se retirer de la foule, de fermer les portes, de se cacher et de se protéger. La mort de leur maître les avait secoués, déboussolés, perturbés. Ils ne comprenaient plus rien, ne savaient plus quoi penser, ni comment se comporter. Ils étaient perdus. Ils avaient peur. Dans ce contexte, le réflexe est bien normal : ils s'enferment, ils coupent les ponts, ils se retrouvent entre eux. Oui ! Au fond, le comportement des disciples, en ce soir de Pâques, est bien compréhensible. Pourtant, il faut bien l'admettre, il peut être aussi dangereux ! Car comment l'Evangile, la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, va-t-il pouvoir se répandre dans le monde entier, comme le désirait Jésus, si les disciples restent enfermés ? Comment les gens de Judée, de Galilée, et plus loin de Rome et de Corinthe, vont-ils entendre parler de Jésus de Nazareth, si ses témoins restent entre eux ? Quel avenir pour l'Eglise ? Quel avenir pour le monde ? Et
voici
que
tout
à
coup,
Jésus
vient,
il
se
tient
au
milieu
d'eux,
il
se
fait
voir,
il
les
rencontre,
il
s'approche
d'eux,
il
se
manifeste…
Autant
d'expressions,
utilisées
à
travers
les
différents
évangiles,
pour
dire
le
même
mystère,
le
même
miracle
:
Jésus,
qui
était
mort,
leur
apparaît
tout
à
coup
vivant,
présent
auprès
d'eux
malgré
leur
enfermement. A cela, Jésus répond par "Paix ! La paix soit avec vous !". Quel soulagement ! Quelle libération ! Jésus, que tout le monde a vu mourir sur la croix, est vivant parmi eux. Ils respirent. Les portes s'ouvrent. Ils vont pouvoir sortir de la maison fermée à double tour. C'est Pâques pour les disciples aussi. Parce qu'à leur tour ils ont fait l'expérience de la résurrection. C'est Pâques et c'est Pentecôte déjà, car en sortant de leur enfermement, ils vont pouvoir rencontrer les autres, se comprendre, chacun dans sa langue. Avant qu'ils ne sortent de là, Jésus a déjà soufflé son Esprit sur eux. La situation des disciples au lendemain de Sabbat, au soir de Pâques, nous la connaissons tous. Notre pays la connaît et même nos Eglises. Cette situation a un nom. Elle s'appelle Tribalisme. Comme les disciples au soir de Pâques, notre pays, nos Eglises et nous-mêmes, nous nous enfermons derrière nos murs, dans nos villages, dans nos tribus et dans nos ethnies. Comme eux, nous sommes tentés de couper les ponts, pour nous retrouver entre nous, pour nous protéger et nous cacher. Et les raisons de nous enfermer sont aussi souvent les mêmes que celles des disciples : déboussolés, perturbés, nous ne comprenons plus rien, ne savons plus quoi penser, ni comment nous comporter. Nous sommes perdus. Nous avons peur. Les murs, dont nous pensons qu'ils vont nous protéger, ont pour nom préjugés, partis pris, favoritisme, partialité, aveuglement, abus de pouvoir, tricherie, mensonge, suspicion, médisance, haine. Le tribalisme est aujourd'hui un véritable fléau qui détruit l'unité des chrétiens et mine la construction des nations africaines. S'identifier à son village, à son groupe ethnique, est devenu un réflexe spontané, mais surtout un mode de gestion politique et d'organisation des Eglises. Certains Etats ont fait du "dosage tribal" ou encore de "l'équilibre régional" un mode de gouvernement. Quant aux Eglises, elles sont elles aussi prises dans le tourbillon du clientélisme et de préférences tribales. Dans plusieurs Etats africains, des Eglises se sont partagées des espaces géographiques en utilisant les limites tribales comme frontières . Leur organisation interne obéit également aux limites tribales et aux calculs tribalistes. Il est fréquent que des Pasteurs, Prêtres et Evêques soient rejetés par des communautés chrétiennes, tout simplement parce qu'ils ne sont pas de leur tribu ; tout comme il est fréquent que des Pasteurs, des Prêtres ou des Evêques soient nommés dans les Paroisses, les Diocèses, les Régions synodales, les Synodes, les Conférences Ecclésiastiques des régions d'où ils sont originaires ! Il
faut
dire
que
si
le
tribalisme
est
devenu
un
prétexte
de
gestion
au
niveau
des
Etats
et
dans
les
Eglises,
c'est
que
la
population
elle-même,
pourtant
majoritairement
chrétienne,
a
fait
du
tribalisme
un
mode
de
vie
et
un
critère
d'acceptation
ou
de
rejet
de
l'autre. Mais voici qu'en ce jour de Pâques 2000, une fois de plus, Jésus vient, il se tient au milieu de nous, il se fait voir et nous rencontre. Il s'approche de nous et nous dit : la paix soit avec vous ! C'est comme une salutation, comme un bonsoir. Mais c'est bien plus que cela : La paix soit avec vous !. Jésus, qui était mort, est bel et bien vivant, présent auprès de nous malgré nos enfermements. Quel
soulagement
!
Quelle
libération
!
Nous
respirons.
Les
portes
s'ouvrent.
Nous
allons
pouvoir
sortir
de
la
maison
fermée
à
double
tour.
C'est
Pâques
pour
nous
aussi. Ce
sera
Pâques
et
ce
sera
Pentecôte
déjà,
car
en
sortant
de
nos
enfermements,
nous
pourrons
rencontrer
les
autres,
nous
comprendre,
chacun
dans
sa
langue. Ainsi ce sera Pâques, lorsqu'avec le Cameroun tout entier et avec toutes nos Eglises, nous ferons l'expérience de la résurrection du Christ, qui a vaincu la mort et qui donne la vie à nos sociétés. Ce sera Pâques, lorsqu'avec le Cameroun tout entier et avec toutes nos Eglises, nous aurons entendu l'appel du ressuscité "La paix soit avec vous !"
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