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Campagne Semaines Pascales 1999 |
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Message Pascal |
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Cher(e)s frères et Sœurs en Jésus-Christ, La
première
Semaine
Pascale,
célébrée
du
12
au
19
avril
1998,
a
porté
sur
le
thème
"Résurrection
du
Christ
et
promotion
de
la
vie".
Au
cours
de
cette
Semaine,
nous
nous
sommes
mobilisés
particulièrement
contre
la
corruption,
cette
gangrène
dont
était
déjà
victime
la
société
au
temps
de
Jésus
(Mt
28,
11
à
15).
Cette
année,
c'est
le
thème
"Résurrection
du
Christ
et
la
remise
des
dettes"
qui
nous
interpelle.
La
corruption
et
les
dettes
constituent
en
effet
les
plus
grands
fossoyeurs
de
l'économie
des
pays
africains. Le pardon des péchés peut aussi être compris comme la remise des dettes. En nous pardonnant, Dieu nous remet toutes les dettes que nous avons envers Lui. Cette remise des dettes crée une nouvelle base de confiance fondée sur la paix. Cette paix est à la fois le fruit du pardon et la base de la nouvelle alliance entre Dieu et nous. En nous pardonnant, Dieu crée en nous des dispositions, mieux, Il nous rend capables de nous pardonner les un(e)s les autres, c'est-à-dire de nous remettre les dettes les un(e)s envers les autres, et de fonder ainsi une nouvelle base pour des relations plus humaines. Lorsque nous parlons de la remise des dettes, il ne nous vient souvent à l'esprit que la remise des dettes économiques des pays riches aux pays pauvres. Mais en plaçant la problématique de la remise des dettes dans le contexte de l'Evangile, et singulièrement de la dynamique de la résurrection du Christ que nous célébrons aujourd'hui, la remise des dettes couvre aussi les préoccupations spirituelles, morales, culturelles, politiques et écologiques. Elle concerne par conséquent non seulement les relations entre les pays riches et les pays pauvres, mais également les rapports entre l'Etat et le peuple, entre les parents et les enfants, entre les hommes et les femmes, entre les êtres humains et leur environnement. Ainsi, quand nous parlons de la remise des dettes, nous revendiquons aussi la remise de sa liberté et de sa dignité par l'Etat au peuple, la remise des fonds détournés d'une manière ou d'une autre par une minorité riche à la grande majorité écrasée par la misère, la reconnaissance des enfants à l'endroit des parents, la reconnaissance et la remise de leurs droits et de leur dignité aux femmes par les hommes, la reconnaissance et la demande de pardon pour le mal que nous commettons en actes et en paroles chaque jour, les un(e)s envers les autres, la remise à l'environnement de ce que nous détruisons impunément chaque jour. C'est là le sens du jubilé. C'est ce que nous voulons annoncer à travers les activités de la Semaine Pascale 99, centrées sur le thème "le Jubilé de l'an 2000 et la remise de dettes". Il s'agit aussi d'une interpellation pour la révision de notre témoignage chrétien, à travers la méditation du jubilé, c'est-à-dire de l'année de grâce, que Christ est venu annoncer il y a 2000 ans. "L'Esprit de Dieu est sur moi, dit-Il dans Luc 4, 18 à 19, pour proclamer une année de pardon et de grâce du Seigneur". Sa résurrection est l'accomplissement de cette année jubilaire. Accomplir un événement, une promesse, c'est le rendre parfait, afin qu'il ne soit plus seulement un acte ponctuel, mais qu'il dure désormais toujours. Dans la dynamique de la résurrection du Christ, le jubilé cesse, pour ainsi dire, d'être un événement qui doit se produire ponctuellement une fois tous les 50 ans ou une fois par an, pour devenir le modèle de vie et de lutte quotidienne de toute femme et de tout homme de bonne volonté, pour la justice et la paix. Dans un contexte où l'injustice et l'égoïsme règnent comme des repères et des références de tout rapport humain et avec la nature, il est illusoire, voire irresponsable, de parler des relations sans dettes d'une part entre les êtres humains eux-mêmes, et d'autre part entre les êtres humains et l'environnement. Frères et sœurs, imaginez une communauté de vie sans dettes, c'est-à-dire une vie dans laquelle nul ne doit plus à l'autre, sinon l'amour et l'affection mutuels qui doivent seuls réguler toute relation humaine. C'est ce que la résurrection du Christ produit dans nos cœurs, si nous croyons qu'Il est vraiment ressuscité. Que
Christ
ressuscite
dans
nos
cœurs,
afin
de
nous
rendre
capables
de
nous
remettre
mutuellement
nos
dettes,
en
commençant
dans
la
première
cellule
de
vie
qu'est
la
famille,
ensuite
dans
nos
paroisses
et
nos
villages,
bref
tous
les
lieux
où
chacune
et
chacun
de
nous
rencontre
l'autre.
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