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Chapitre
I - LES MESURES D'ORDRE GENERAL
Il s'agit des mesures qui s'adressent à tous les corps de métiers
: ferblantiers, fondeurs, forgerons etc.
Ces mesures concernent :
- La construction des ateliers
- La salubrité (la propreté) dans les ateliers
- Les soins primaires
- L'hygiène individuelle
A - Règles élémentaires de
construction d'un atelier de Récupération
Pour construire son atelier, l'artisan recycleur doit :
1 - Observer l'Environnement et recueillir les informations sur
le Milieu
2 - Eviter les terrains en zone à risques tels que :
Un atelier construit à côté des marécages
expose son propriétaire à des risques de piqûres par
les insectes qui transmettent plusieurs maladies.
De même, un artisan à côté des bas-fonds peut
être tenté d'y jeter ses déchets ; ce qui n'est pas
bon.
Un atelier construit au bord d'une rue (von) qui est souvent inondée
ne peut pas attirer les clients. De plus, il faudra beaucoup de moyens
matériels et financiers pour rendre ce von propre.
De même, un von souvent inonde expose l'artisan riverain à
des risques dommageables pour sa santé.
- La proximité des dépotoirs
Un atelier ne devrait pas être proche des dépotoirs (là
où on dépose les ordures). Sinon, les mauvaises odeurs,
les mouches et autres insectes vont occasionner des nuisances et des maladies.
- Les exutoires naturels et les terrains à forte pente
Un atelier devrait être construit dans un endroit où on
est sûr et certain que les eaux de pluie ne passent pas par là.
Par exemple, à Porto-Novo, il y a des exutoires naturels comme
Zounvi et Donoukin où il ne faut pas construire.
Avant de construire mon atelier, je dois m'assurer que le lieu n'est
pas un terrain en zone à risque.
Car un atelier en zone à risques = Trop de nuisances / = Trop
de maladies / = Peu de clients
3 - Construire en matériaux adaptés
L'artisan récupérateur travaille avec le feu ; il doit
donc construire son atelier avec des matériaux qui ne retiennent
pas trop la chaleur et aussi qui peuvent résister aux étincelles.
En particulier pour les parois (les 4 côtés), il faut éviter
:
- les toiles cirées et les sacs en plastiques ;
- les tôles ;
- la paille
Cela permettrait d'éviter les excès de chaleur et les risques
d'incendies.
Il est plutôt conseillé d'utiliser pour les parois, de
la terre de barre (Brique Terre Comprimée), des bambous etc.
On peut faire de la terre de barre jusqu'à une hauteur moyenne
de 50 centimètres et compléter avec les bambous.
En utilisant ainsi les matériaux locaux, le coût de l'atelier
serait plus abordable et l'artisan peut faire lui-même certains
travaux : c'est la self-construction qui limite la mains d'uvre
extérieure.
4 - Prévoir des portes et fenêtres suffisamment grandes
Pour qu'il y ait de l'air et de la lumière dans tout l'atelier,
il faut avoir de grandes portes et de grandes fenêtres.
Les portes et fenêtres doivent se situer sur au moins deux parois,
c'est-à-dire sur au moins deux côtés.
Mais il faut surtout orienter ces ouvertures suivant la direction du
vent.
On peut prévoir aussi des claustras pour assurer un bon renouvellement
de l'air.
En cas d'insuffisance de l'éclairage et de l'aération
(si l'atelier est quelque peu sombre et chaud), il faut prévoir
d'autres moyens d'aération et d'éclairage artificiels.
L'utilisation d'une tôle transparente (au niveau du toit) peut
permettre d'éclaire tout l'atelier.
5 - Respecter les dimensions minimales suivantes :
- 16 m2 au moins pour un atelier de 4 personnes (patrons et apprentis)
avec un quart (1/4) de la surface à bâtir pour les ouvertures
(c'est-à-dire que les portes et fenêtres feront au moins
4 m2 pour leurs surfaces)
- Chaque artisan ou apprenti doit disposer d'une surface d'au moins
4 m2 ; cela permet de réduire les risques d'affection respiratoires
ou autres maladies transmissibles par suite de surpeuplement
- La hauteur des parois doit être au moins de 2,80 mètres
(et 3 mètres si le plafond doit être dallé).
NB : Pour les fondeurs, il est indiqué que le foyer
soit installé hors de l'atelier (dehors) et à une distance
comprise entre 1 et 2 mètres et de préférence sous
un hangar.
Signalons que la mauvaise aération, le confinement de l'atmosphère
et le surchauffement constituent les problèmes habituels des ateliers
mal construits.
La réduction du nombre d'apprentis et l'amélioration de
la qualité de l'air contribuent beaucoup à la réduction
des infections véhiculées par l'air et les poussières.
Voici quelques schémas d'ateliers de forge, de ferblanterie et
de fonderie, que chaque artisan peut adapter à sa réalité
(site trouvé, moyens à disposition etc.).
ATELIER DE FORGE
ATELIER : COOPERATIVE DE FERBLANTIERS
ATELIER DE FONDERIE
B - Quelques mesures de salubrité dans les
ateliers
Lorsque l'ateliers est déjà construit, il est nécessaire
que le patron et ses apprentis observent un minimum de mesures de salubrité.
- Ouvrir portes et fenêtres avant tout entretien (nettoyage, etc.)
: pour assurer le renouvellement de l'air ;
- Arroser le sol avant de balayer : cela permet de ne pas soulever la
poussière et les microbes ;
- Balayer régulièrement ;
- Enlever les suies et les toiles d'araignée.
- Assurer une bonne aération et un bon éclairage naturels
en ouvrant portes et fenêtres ;
- Assurer une aération et un éclairage artificiels au besoin.
- Eviter d'être plus de quatre personnes par atelier de 16 m2 :
pour ne pas l'encombrer ;
- Bien ranger les matériels de travail : pour avoir de l'espace
disponible et éviter les divers accidents ;
- Prévoir un lieu d'accueil pour les clients et toutes autres personnes
étrangères à l'atelier ;
- Déposer les ordures ménagères dans des poubelles
munies d'un couvercle. Elles doivent être ensuite enlevées
régulièrement par les services appropriés ;
- Ne pas mélanger les déchets artisanaux aux déchets
ménagers : pour en faciliter la collecte et le traitement ;
- Pulvériser les ateliers périodiquement, en recourant aux
vices d'hygiène ;
- Ne pas conserver dans les ateliers ou dans leur environnement immédiat
des objets ou récipients de toute nature (boîtes vides, carcasse
ou autres) susceptibles de constituer des gîtes à larves
de moustiques.
- Disposer d'un récipient d'eau potable muni de couvercle et de
deux gobelets dont l'un pour prélever l'eau du récipient
et l'autre pour servir.
- Bien protéger le récipient et les gobelets contre la poussière
et les saletés ;
- Eviter de souiller l'eau ; pour cela il faut disposer d'un lave-mains
et se laver proprement les mains avant de toucher à l'eau à
boire ;
- Il est indiqué de disposer d'un " Poste d'eau potable autonome
", c'est-à-dire un récipient muni d'un robinet (en
bas).
C - Prévention des maladies et les soins
primaires
Il est avantageux pour l'artisan de :
- Se faire vacciner surtout contre le tétanos ;
- Se déparasiter (prendre des vermifuges) tous les 3 mois, surtout
pour les apprentis ;
- Faire des visites médicales systématiques (au moins on
peut faire une visite tous les 6 mois et de préférence par
un médecin de travail) : ce n'est pas bon pour un artisan d'attendre
de tomber malade avant d'aller aux soins ; même si on n'est pas
encore malade, l'artisan a besoin de se faire examiner pour le dépistage
précoce des maladies et des affections professionnelles qui sont
en trains de le guetter ou qui s'installent petitement.
- Disposer d'une boîte à pharmacie contenant le matériel
de pansement (alcool, mercurochrome ou éther, poudre antiseptique,
bandes, compresse, coton etc.) ;
- Prévoir du miel, du savon comme " Palmida ", de l'huile
rouge
Ainsi, en cas de piqûre par un objet tranchant, en cas de blessure,
de brûlure ou en cas d'intoxication, l'artisan peut déjà
se donner certains soins (soins primaires) avant d'aller dans un centre
de santé, un établissement hospitalier, approprié.
Lorsqu'on est piqué par un clou, un bout de fer, un coupon de
tôle, il faut :
- Taper et presser la partie piquée pour faire ressortir le sang
déjà souillé ;
- Désinfecter la partie (traditionnellement, certains chauffent
de l'huile rouge pour infiltrer en vue de réaliser un genre de
cautérisation).
Lorsque l'on est blessé par quelque objet que se soit, il faut
:
- désinfecter la plaie avec de l'eau savonneuse ou avec de l'eau
oxygénée ;
- faire le pansement (poudre antiseptique + compresse + bande) ; il n'est
pas conseillé d'utiliser de l'alcool immédiatement le jour
de la blessure mais plutôt à partir du lendemain.
Le pansement est nécessaire pour éviter que des microbes
n'arrivent à entrer dans la plaie (infections et surinfections
microbiennes) et retarder sa cicatrisation.
Il arrive que l'artisan soit brûlé par des goutte d'aluminium
fondu, du fer chaud etc.
Dans ces cas, et si la brûlure n'a pas encore occasionner une
plaie, on peut :
- soit couvrir la partie avec couche de miel ou bien avec une couche
d'huile rouge (non chauffée) ;
- soit casser de l'uf frais et en recouvrir la partie ;
- soit faire un emplâtre de boue d'argile ou à défaut
de la terre de barre pétrie (à l'eau).
Il peut arriver que, par mégarde, des substances dangereuses soient
avalées. Alors, on peut :
- boire de l'huile rouge (seulement pour ceux qui ne soufraient pas de
maladie du foie)
- prendre du charbon (croquer des morceaux de charbon de bois).
Après cela, il faut immédiatement se rendre dans un établissement
hospitalier où l'on peut administrer l'antidote du poison en cause.
D - Hygiène Individuelle
Outre l'atelier proprement dit, l'artisan (patron comme apprenti) doit
bien s'occuper de son corps. En effet, il faut :
- Se laver proprement le corps avant et après le travail ;
- Se laver les mains après les selles, avant et après chaque
repas, de préférence au savon, aux cendres etc. ;
- Disposer autant que possible d'au moins deux tenues de travail par semaine
; tenues qu'il faut laver régulièrement ;
- Se tailler régulièrement les ongles.
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