Un centre entrepreneural a ouvert ses portes à Yaoundé au mois de février2007. Objectif, promouvoir une approche pédagogique qui développe l'esprit d'entreprise chez les élèves
Comment créer sa petite affaire au sortir du collège ou du lycée ? La question tracasse tous les élèves au terme de leur formation. Le projet auto-emploi jeune, promu par l'Association des conseillers en économie sociale et familiale du Cameroun (Acesf-Ca), avec l'appui de l'Agence canadienne de développement international (Acdi) met sur pied à Yaoundé, un centre d'entrepreneuriat. Le projet est le résultat d'un contrat de partenariat entre l'Acesf-Ca et l'Association des collèges communautaires canadiens qui réunit le Cégep de Trois-Rivières, le Collège Edouard Montpetit au Canada et le Ceti Benigna au Cameroun.
Le projet financé par l'Acdi a pour objectif de donner les outils pédagogiques aux enseignants pour qu'ils intègrent des concepts d'entrepreneuriat dans leurs enseignements. Le centre entrepreneurial pilote au Cameroun ouvre ses portes en septembre et sera basé au Ceti Begnigna d'Etoudi. L'Association camerounaise de l'économie sociale et familiale est chargée de la vulgarisation et du montage des outils pédagogiques. Un séminaire d'imprégnation des enseignants à cette pédagogie s'est achevé à Yaoundé le 22 juin.
Pour sœur Christine Thérèse Bikyé, principale du Ceti Begnigna, « l'entrepreneuriat dans l'architecture des enseignements sera un concept transversal ; il n'y a pas de matières qui vont être ajoutées au programme », explique-t-elle. En réalité, les enseignants se serviront du programme qui existe pour améliorer leur pédagogie d'approche pour que les élèves qui sortent des établissements soient aptes à entreprendre.
De la l ère à la 2 e année, les élèves devront acquérir la culture entrepreneuriale. Les formateurs, au cours de l'atelier qui a regroupé une dizaine d'enseignants ont identifié sept qualités entrepreneuriales, à savoir l'ambition, l'initiative, le sens du projet, le sens de l'effort, le travail en équipe, la curiosité et la créativité.
En 3 e et 4 e années, les élèves, avec leur potentiel, devront monter des projets de création de petites et moyennes entreprises. Un concours d'entrepreneurship sera organisé et les meilleurs projets bénéficieront d'un financement de démarrage.
Cette méthode pédagogique est ancienne au Canada, a confié André Lamoureux, coordonnateur du Cégep Trois Rivières au Québec, et l'un des facilitateurs de la rencontre de Yaoundé. Il a expliqué que dans son pays, et par cette méthode, les élèves participent activement à leur apprentissage et l'expérience au Canada a 20 ans. Et à travers le Centre de développement d'entreprises, des financements sont garantis pour le démarrage d'entreprise pour jeunes élèves finissant. Le système fiscal donne un sursis de 12 mois au terme duquel le jeune entrepreneur devra payer en rappel les impôts. Il reconnaît que certains secteurs connaissent des problèmes de financement au démarrage comme par exemple l'entretien paysager, la restauration, ou la coiffure. En revanche, des domaines comme l'informatique, le développement de logiciel trouvent facilement des financements. Mme Nwafo Wandji de l'Acesf-Ca, partenaire au projet, souligne qu'il s'agit là d'un tournant décisif dans le système de formation pour passer de l'économie de reproduction à la production économique. •