Le traitement administré à certains enfants est déplorable.
Les enfants africains en général et camerounais en particulier sont à l’honneur ce samedi 16 juin, jour de la célébration de la 17ème journée de l’enfant africain. Au Cameroun, le thème retenu pour cette journée, “ Lutte contre la traite des enfants ”, trouve sa raison d’être au regard du traitement déplorable administré à certains enfants. Au pays de Paul Biya, la situation de l'enfant demeure stagnante et surtout caractérisée par de nombreuses violations de leurs droits. Notamment, le droit à l'éducation, à la santé et aux loisirs sains et appropriés. Malgré la ratification par le Cameroun des instruments juridiques internationaux et régionaux rentrant dans le cadre de la protection de l'enfant : la convention 182 de l'Organisation internationale du travail (Oit), la convention relative aux droits de l'enfant, la charte africaine des droits et du bien être de l'enfant, et la déclaration universelle des droits de l'homme.
Au Cameroun, l’absence d’une politique particulière de protection et d’encadrement de la jeunesse favorise le phénomène des enfants travailleurs et enfants de la rue. A en croire plusieurs organisations non gouvernementales (Ong), près de la moitié des enfants que compte le Cameroun ne vont pas à l’école. Le manque des infrastructures scolaires modernes et le délabrement avancé des infrastructures existantes sont criards. Sur le plan sanitaire, la malnutrition occupe une place de choix chez les enfants. L'automédication à laquelle se livrent les parents pour soigner leurs enfants, est à l’origine de beaucoup de décès. Il y a aussi un déficit des médecins spécialisés en maladies infantiles. L’insuffisance des équipements dans les structures hospitalières.
5100 enfants maltraités
Les enfants camerounais ne bénéficient plus des cadres sains et appropriés pour leur épanouissement. Nombre de ces espaces sont, à nos jours, occupés par des bars, des églises de réveil (plusieurs salles de cinéma, qui faisaient jadis la fierté des villes camerounaises), des terrasses…Les médias, tant publics que privés, encouragent la dépravation des mœurs avec des programmes faisant la part belle aux activités frisant la débauche et vantant les publicités de tabac, des boisons alcoolisées, les films pornographiques, la violence. Les bibliothèques pour enfants sont presque inexistantes.
Selon l’Organisation internationale du travail (Oit), 5100 enfants sont victimes – identifiées – des pires formes de travail des enfants au Cameroun. La révélation a été faite par l’Oit Afrique centrale, au cours des cérémonies marquant la 6è journée mondiale contre le travail des enfants. Parmi ces enfants, 1600 ont été réinsérés dans les programmes scolaires ou dans la formation professionnelle et 3500 autres identifiés comme victimes de ces pires formes de travail à travers le Cameroun. “ L’avenir des enfants reconvertis au cours de la phase pilote des deux projets financés par les Etats-Unis reste incertain, du fait de la modicité des moyens par rapport aux exigences de la formation globale ”, déclare l’Oit. |
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Cette dernière compte pérenniser le programme de reconversion des enfants sortis des pires formes de travail.
La journée de l’Enfant africain a été instituée par l’Organisation de l’unité africaine (Oua), aujourd’hui Union africaine (Ua), en juillet 1990 en commémoration du massacre des enfants de Soweto le 16 juin 1976. Depuis, cette journée est célébrée par l’ensemble de la communauté africaine autour de différents thèmes de réflexion.
La mythique aire de football abrite près de 200 d’entre eux depuis plusieurs années.
“ Je suis arrivé au stade Mbappè Lépé, en 1990 en provenance d’Ebolowa dans le Sud du Cameroun, un peu par accident de la vie. Du fait des problèmes familiaux ”. Owono Cédric Chambord, la vingtaine bien entamée, est l’un des 180 enfants de la rue officiellement identifiés et réfugiés au Stade Mbappè Lépé, à Akwa. Il a les yeux hagards, la lèvre supérieure légèrement fendillée et complètement perdue. Son camarade, Kamga Simon Roger, arrive lui de Bafoussam.“ Je sais que je suis en partie responsable. Je n’ai pas été assez obéissant, je n’ai pas suivi les conseils donnés par mes frères et sœurs, mes oncles, mes parents. Mais j’ai trouvé à Douala une nouvelle famille avec les enfants de la Rue ”, reconnaît-il. Parmi les associations et organismes qui les soutiennent, le foyer Saint-Nicodem de Sœur Marie Romy ou encore l’Amour du prochain.
Responsabiliser
Autre cas, celui de Georges Moussinga qui est “ né à Douala. Je suis tombé dans la rue il y a 13 ans maintenant. A la mort de mon père, les problèmes de terrain et d’héritage ont commencé. Mes deux grands frères sont morts. J’ai eu très peur que, devenu héritier légitime, de fait, je sois également liquidé. Alors, j’ai préféré partir de la maison. Pour vivre. Nous nous investissons dans des petits boulots, qui nous permettent d’avoir de quoi subvenir à nos besoins au quotidien ”, raconte le jeune Moussinga. Il ajoute : “ Pour les plus démunis d’entre nous, la caisse de solidarité mise sur pied est d’une aide non négligeable ”.
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Il n’y a pas que des perdus dans la rue. “ Nous ne sommes pas contents d’être exclus de la société. Nous voulons avoir du travail, nous occuper, apporter notre savoir faire. Il y a des techniciens parmi nous ”, insiste Lobè, 24 ans, qui fait office d’encadreur. Ça tombe bien. A l’agence de développement de Douala, Jane-Marie Yala-Koum coordonne un projet qui vise à “ mettre à contribution les enfants de la rue de Douala pour participer à l’embellissement et à la propreté de la cité ”.La Rue citoyenne, c’est le nom du projet. Il a quatre objectifs : “ La sensibilisation des jeunes sur la nécessité de vivre dans un environnement propre et salubre ;l’adhésion des enfants de la rue à la propreté de “ la rue ” ;formation des |
enfants de la rue ; mise en œuvre des activités programmées ”, explique la directrice de l’Agence de développement de Douala.
La journée de l’Enfant Africain, le 16 juin, c’est aussi l’occasion de responsabiliser les enfants de la rue à Douala, notamment par rapport aux rivalités qui empoisonnent leur quotidien.
Le Festival international de la caricature et de l’humour de Yaoundé (Fescarhy) se déroule à l’esplanade de l’Hôtel de ville.
La grande kermesse “ le crayon de D’jino ”, comporte de nouvelles articulations. Au hall de l’hôtel de ville de Yaoundé, site du Fescarhy, les tableaux de caricatures sont exposés de part et d’autre. Le visiteur est frappé par la centaine des tableaux. Il y a surtout celui d’un enfant : à genou, le ventre bedonnant, les mains et le regard tournés vers le ciel. L’œuvre d’art est la représentation d’une Afrique malade, un continent accablé par de nombreux soucis. Les enfants sont attirés par des bandes dessinées réalisées par des caricaturistes et les dessinateurs de presse. Même s’il s’agit d’un génie qu’il faut polir, les œuvres artistiques des enfants touchent les multiples facettes de la société : les meubles en rotin, les pots de fleurs, les calebasses...
Lieu réservé à d’autres divertissements, l’esplanade est parée aux couleurs des grandes fêtes africaines. Il y a un podium réservé aux prestations des artistes musiciens et humoristes. Dans leur volonté de lier l’utile à l’agréable, les organisateurs projettent des dessins animés. Les enfants ont également l’embarras de choix, entre les jeux vidéo, le baby-foot... |
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Le Fescarhy 2007 a mis un point d’honneur sur l’enfant. Pour Léontine Babéni, promotrice de la “ fabuleuse aventure ”, l’association Irondel tient à mettre un accent sur le thème de la journée de l’enfant africain célébrée le 16 juin. Le thème de cette année est : “ Les traits contre la traite des enfants ”. “ Il est question pour nous de les sortir de l’ombre, de leur permettre de se frotter à des professionnels des arts plastiques et du dessin ”, explique-t-elle.
Journal des enfants
Le ministre des Affaires sociales (Minas), Catherine Bakang Mbock, a fait un tour au lieu du festival. Pour elle, “ les enfants sont la richesse de demain. La lutte contre la traite des enfants doit continuer. Les enfants on droit aux loisirs ”. Point de vue partagé par la promotrice du Fescarhy. “ L’exposition à l’esplanade et dans le hall de l’hôtel de ville de Yaoundé démontre que les enfants peuvent aussi s’exprimer d’une manière ou d’une autre à travers des dessins concrets ”, affirme Léontine Babéni. Des prestations artistiques sont programmées tous les jours. Il est question de permettre aux enfants de se détendre en compagnie des artistes musiciens et des humoristes de renom. Durant les séances de travail en atelier avec des professionnels du dessin, les mômes s’affairent à la réalisation du journal festival. Il sera distribué au parlement le 16 juin. “ Le Fescarhy peut davantage résister si les mécènes, les hommes de cœur, les sponsors et les bailleurs de fonds s’associent à cette aventure pour lui donner beaucoup plus d’éclat. Il appartient à chacun de mettre la main à la patte.
C’est à ce prix là qu’il y aura plus d’actions formidables, à l’honneur des enfants ”, conclut-elle.
Source : 15 juin 2007