Une association professionnelle au service du développement
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La présidente de l’Association des conseillers en économie sociale et familiale, hôte de la 3e conférence africaine de la Fédération internationale de l’économie familiale, situe les enjeux de la rencontre qui se tient Yaoundé.

Que voulez-vous démontrer à travers le thème : ”L’économie sociale et familiale : de l’économie de reproduction à la production économique” ?
Il s’agit de parler de l’économie de reproduction qui est différente de l’économie de production. L’économie de reproduction est cette économie qui représente l’ensemble des activités qui se passent en famille et qui ne sont pas rémunérées. C’est la production des ressources humaines au niveau de la famille. C’est la production de la main d’œuvre dont a besoin les administrations, les entreprises et la famille elle-même. Cette économie-là se résume en des activités telle la lessive, le ménage, la restauration, l’éducation des enfants,
 
breftout ce qui permet à l’être humain, quel qu’il soit, tout le monde, de pouvoir être une bonne main d’œuvre pour la productivité dans l’entreprise ou dans la société tout cours. C’est cela l’économie de reproduction ; malheureusement, elle n’est pas rémunérée. Elle ne fait pas partie de l’économie de marché, encore moins de l’économie monétaire. Maintenant, la production économique par opposition à l’économie de reproduction, c’est cette autre économie qui est rémunérée. Quand on faisait la lessive à la maison, à l’extérieur de la maison, elle devient “ pressing ”, elle devient “ entretien divers ”. Seulement, on a l’impression que les gens deviennent amnésiques à comprendre qu’elle a de la valeur hors de la maison mais à l’intérieur elle n’a pas de la valeur. Nous sommes en train d’attirer l’attention sur le fait que les activités de l’économie de reproduction peuvent être reproduites à l’extérieur et faire vivre les professionnels de l’économie sociale et familiale. C’est dans ce sens que le thème a été formulé.

En passant de l’économie sociale et familiale à cette sorte d’économie de marché, ne risque-t-on pas de dénaturer le volet social de cette filière en tombant dans le capital ?
Pas du tout. Nous envisageons simplement une autre ouverture professionnelle de l’Esf : il y a deux qui sont connus ; le secteur du travail social et celui de l’enseignement. Et maintenant, si nous voulons que les jeunes qui se forment puissent vivre de leur formation, il faudra trouver la stratégie qu’il faut pour cette ouverture de l’économie sociale et familiale sur la création des richesses sur l’économie de production. On ne dénature en rien le travail social encore que si on regarde de près, ce travail social ne nous est pas souvent reconnu comme tel. Et c’est cela un de nos chevaux de bataille pour faire reconnaître l’Esf comme un métier et un outil de développement.

Il y a dans le programme de la conférence, une journée francophone. L’Esf a-t-elle une spécificité selon qu’on est francophone ou anglophone ?
Le Cameroun est en retard comme les autres pays francophones. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons une journée pré conférence le mercredi 22 août, réservée aux francophones parce que nous voulons nous poser des questions par rapport à cette évolution qui est trop lente. Nous allons sortir un plan stratégique qui va nous permettre soit de nous arrimer sur ce qui se passe à travers le monde, soit de nous scléroser et de disparaître. Malheureusement, si nous disparaissons, c’est un pan de la promotion humaine qui va souffrir.

Et que fait l’association des conseillers en économie sociale et familiale (Acesf-Ca) qui accueille demain la 3e conférence africaine de la fédération internationale de l’économie familiale pour la promotion de cette filière au Cameroun ?
L’Association mène une vaste activité de lobbying pour la promotion de l’Esf dans notre pays. Reconnue par les autorités éducatives, elle a été désignée “ Observatoire national de l’Esf au Cameroun ” par le ministre des Enseignements secondaires en mars 2006. L’Acesf-Ca est le maître d’œuvre du projet “ projet d’appui à l’intégration du genre dans l’enseignement de l’économie sociale et familiale au Cameroun. ” Elle a initié un projet d’entrepreneuriat en milieu scolaire dont la phase pilote est mise en œuvre au Ceti Bénigna d’Etoudi, à Yaoundé. Le projet bénéficie de l’appui du Fonds genre et développement du haut commissariat du Canada au Cameroun et l’Association des collèges communautaires canadiens. La 3e conférence africaine constitue pour nous, participants et associations, une occasion pour initier et renforcer la pédagogie sur l’entrepreneuriat comme potentielle sortie professionnelle pour les jeunes en milieu scolaire formel et même informel.

Propos recueillis par
Christophe Mvondo
La Nouvelle Expression du 22 août 2007

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