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A l’occasion de la " fête des pères ", hier, certains ont plutôt dressé le bilan de leur vie.
Les pères du monde entier étaient à l’honneur hier, dimanche 17 juin 2007 à l’occasion de la fête des pères. Dans les familles, c’était un moment d’effusion d’amour entre les enfants et leur père. Un moment agrémenté par la présence de la mère, témoignant à son époux toute sa gratitude pour sa présence multidimensionnelle auprès de leur progéniture. Cela s’est accompagné d’un bon repas, des cadeaux et des " je t’aime papa ".

 

Pourtant, des pères vivant seuls avec leurs enfants n’ont vraiment pas eu le cœur à la réjouissance. La célébration leur a rappelé les conditions difficiles dans lesquelles ils participent à l’éducation de leurs enfants.

C’était l’heure des bilans. " J’ai profité de l’occasion pour méditer et voir comment mieux me centrer sur l’épanouissement des enfants dans l’avenir ", confie Pascal Mendouga, père de deux fillettes de 11 et 6 ans. La vie n’est pas un rayon de miel pour cette famille monoparentale.

Pascal fait face à d’énormes difficultés financières. Gardien de nuit dans une société de la place, il gagne 40.000 Fcfa par mois. A 33 ans, il est obligé de demeurer avec ses parents. Sinon, comment pourrait-il survivre en payant un loyer en plus ? " Mon salaire ne me permet pas de couvrir les besoins de mes enfants. L’aînée est au CM1 et la cadette va au cours préparatoire. Elles sont inscrites à l’école notre dame de Mvolyé. Les frais de scolarité de chacune équivalent à mon salaire mensuel. Ce n’est pas évident ", poursuit-il.

Pascal se tourne vers à les membres de sa famille pour les besoins quotidiens : alimentation, habillement et bonnes manières. Bravant les obstacles, il veut garantir un brillant avenir à ses filles. Il sacrifie ses loisirs et son épanouissement pour d’autres jobs.

Pendant la période scolaire, Pascal rentre très tôt à la maison après une nuit de veille pour apprêter les enfants pour l’école. Pascal vit au pas de course. Il voudrait bien prendre une épouse pour l’épauler dans ces tâches quotidiennes, mais sans travail fixe et bien rémunéré, il ne veut pas tenter l’aventure. D’ailleurs, ses deux malheureuses expériences l’en dissuadent.

Entre les enfants et le travail, s’organiser est donc très difficile pour les pères célibataires. Même ceux qui ont un portefeuille bien fourni comme Gabriel, cadre dans l’administration publique, ont de la peine à concilier boulot et vie de famille. " On joue à la fois le rôle du père et celui de la mère. Il faut trouver le juste équilibre pour ne pas frustrer l’enfant ", confie-t-il. Stresser, Gabriel a recruté une baby-sitter pour son fils de 2 ans qu’il paye à 30.000 Fcfa le mois. Au bureau, il est contraint de multiplier les excuses lorsqu’il voit s’approcher 18h. L’heure du départ de la " nounou ". Il donne lui-même le bain à son fils et cuisine ses repas.

Certains hommes qui se retrouvent pères solitaires n’ont pas choisi cette option. La plupart ont entamé des relations qualifiées de sérieuses avec des jeunes femmes, qui ont pris fin, avec la grossesse de ces dernières. Très souvent l’enfant n’est pas désiré. La grossesse est un déclic sur les aspirations des amoureux. L’homme ne veut pas s’impliquer davantage et la femme use de chantage pour un mariage immédiat. Certaines n’hésitent pas à abandonner leur compagnon, un matin, avec le nourrisson entre les bras. Ou à les traîner devant les services sociaux. Blaise en a fait la triste expérience. Il estime cependant que l’Etat devrait se pencher sur cette question pour établir l’équilibre des responsabilités. La douce étreinte de sa fille hier, lui a néanmoins rappelé qu’il n’est pas " un papa comme les autres ".

G-Laurentine Assiga , 18.06.2007

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