Tête de liste Rdpc pour les municipales de juillet prochain dans l'arrondissement de Douala II, Me Fampou reconnaît que, compte tenu du contexte, cette sortie n'est pas dénuée de pensée électorale. Mais l'avocate, née et élevée à New-Bell, veut la situer au-delà.
Ce geste à l'endroit de ses " mamans ", c'est aussi une manière de revendiquer ses origines dans ce quartier populaire, ainsi qu'elle le confiera au reporter en marge de la cérémonie. En effet, dans ce secteur à la fois fort démographiquement et en retard du point de vue social et infrastructurel, la candidate à la mairie estime que les " enfants de New-Bell " qui ont réussi ont une responsabilité sur le destin collectif de ses populations. Quoique symbolique, la manifestation de dimanche visait aussi à faire un geste dans ce sens.
Pour cet hommage aux mères de New-Bell, Denise Fampou a privilégié celles qui ont le plus besoin d'assistance. Notamment, les femmes de plus de 70 ans. Dans les quelques 33 blocs et chefferies que compte l'arrondissement, il a été demandé aux responsables locaux de dresser des listes de 10 femmes, parmi les plus âgées. Ce sont celles-là qui se sont retrouvées à l'esplanade attenante au domicile Fampou, pour partager le présent apporté par " leur fille ". Du riz, du savon et de l'huile notamment. Le tout dans une cérémonie où les fioritures protocolaires auront été largement élaguées, et dont l'un des temps forts fut le mot de la doyenne des mamans, exprimant sa gratitude à l'auteur de ce don, avec des mots bien à elle. Dans son sillage, et afin de bien se faire comprendre d'une large partie de son auditoire, Me Fampou n'hésitera d'ailleurs pas à alterner à plusieurs reprises, français ordinaire et " pidjin ", la principale langue pratiquée à New-Bell.
Et parce que dans " fête des mères " il y a " fête ", la manifestation a été agrémentée par des fanfares, des bains de foules et des plages de liesse collective, dans une ambiance qui, le temps d'un après-midi dominical, aura presque occulté la grisaille du quotidien de ces hommes et femmes.