Alors que la Journée de l'enfant africain se célèbre aujourd'hui, les violences qui lui sont infligées demeurent difficilement identifiables.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime à 40 millions, le nombre d'enfants de moins de quinze ans victimes de maltraitance et d'abandon dans le monde. En Afrique, la violence contre les enfants est aggravée par un contexte économique, politique et socio-culturel caractérisé par la pauvreté, les guerres, les maladies et l'urbanisation croissante. Cette violence est également accrue par les croyances favorables à son utilisation comme moyen de socialisation des enfants. En ce jour de l'enfant africain qui se célèbre cette année sous le thème : " Le droit à la protection : halte à la violence contre les enfants ", des réflexions sont organisées autour de la violence et des méthodes de prévention. Selon la définition de l'OMS, la violence contre les enfants. Ce sont " toutes formes de mauvais traitements physiques et/ou affectifs, de sévices sexuels, d'abandon ou de négligence, d'exploitation entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l'enfant, sa survie, son développement ou sa dignité dans une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir. "
Ainsi définie, la violence contre les enfants peut être exercée tous les jours et partout. Dans la famille, à l'école ou en prison, les châtiments corporels et autres sévices, sont considérés comme situations normales, car faisant partie du système d'apprentissage des valeurs. La violence psychologique, plus difficile à identifier, se présente sous l'aspect d'agression verbale, de gestes et d'attitudes déshonorants. Elle peut également être vue sous la forme de négligence, de harcèlement et d'abus sexuels et de privations diverses. Les propos d'un intendant de prison lors d'une conférence de presse sur la cause des enfants nés en prison, démontre le peu d'attention qu'on leur accorde. " Si le prisonnier n'a pas accès aux soins infirmiers, ce n'est pas l'enfant né en prison, qui n'a pas été budgétisé, qui en bénéficiera ", a-t-elle déclaré. Dans les communautés, les attitudes et les croyances portant atteinte à leur intégrité physique sont légion et se traduisent par des pratiques traditionnelles néfastes (mariages précoces, excision ). La cruauté communautaire peut aussi se présenter sous la forme du travail forcé et dangereux, du trafic et de la traite des enfants, conduisant à la délinquance. Le cas de ce garçon de 15 ans, tué à coups de couteau mercredi dernier par son camarade à Etoudi, l'illustre parfaitement.
Les enfants handicapés ne sont pas en reste. D'après le rapport 2005 du Secrétariat Général des Nations unies sur les violences contre les enfants, ceux victimes d'un handicap physique, sensoriel ou mental sont les plus stigmatisés et les plus marginalisés du monde. Etiquetés comme sorciers, ils sont rejetés ou tout simplement éliminés par leur entourage. De même, les enfants infectés ou affectés par le VIH/sida sont exclus des familles.