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Les cérémonies de la 22e édition de la Journée internationale de la femme bloquent la capitale.

Elles ont tenu leur pari. Celui d’arrêter tout pour se “faire voir”. Ce qui a paralysé la capitale hier 8 mars 2007. Selon des observateurs avertis, la célébration de la Journée internationale de la femme a battu le record de la mobilisation cette année. Les administrations publiques et privées en ont souffert, de même que les citoyens paisiblement vaquer à leurs occupations.

Dès la matinée, la ville est coupée en deux. L’accès au grand axe allant du Palais des congrès au carrefour Mvog-Mbi est interdit et les points d’intersection solidement gardés par des hommes en tenue.

Plusieurs centaines d'associations de femmes ont défilé au Boulevard du 20 mai
“J’ai déjà passé près de deux heures de temps à tourner en rond”, se plaint un automobiliste au niveau du carrefour de la sous-préfecture de Yaoundé II à Tsinga. Impatient, l’homme se rapproche d’un policier en faction pour en savoir plus. “ La Première dame va passer ; nous ne savons pas à quelle heure la route sera ouverte à la circulation”, lâche arrogamment l’inspecteur de police. Il est 9h 50 min. La file s’étend sur près de 7 km.

Les établissements scolaires sont étrangement déserts. On aperçoit des bambins qui jouent sur la route. Certains élèves des collèges ont élu domicile dans les casinos et les bars. D’autres déambulent à travers les rues. Une situation qui ressemble fort bien à celle que l’on observe souvent quand le président de la République décrète un férié à la mi-journée du jour indiqué. Au boulevard du 20 mai, on croit justement avoir affaire à la “fête nationale” bis. A la seule différence que les femmes sont plus nombreuses. Elles se distinguent par leurs pagnes aux motifs divers sur lesquelles est symboliquement inscrit : “Journée internationale de la femme, 08 mars 2007”.

Ministres et Dg prises en otage

Des badauds ont abandonné leurs affaires pour venir applaudir le défilé de leurs femmes. Soudain, ils voient passer une dame avec une tenue du 08 mars 2006. Cette dernière est huée. Elle n’a d’autre choix que de se faufiler pour aller se cacher. “Elle va déverser sa colère sur son mari qui n’a peut-être pas eu de l’argent pour lui acheter le pagne de cette année”, commentent certains.

Le défilé terminé, et après le départ de Mme Chantal Biya, les femmes ministres et directrices générales d’entreprises sont envahies par leurs collaboratrices. Elles étouffent. C’est sans doute l’une des rares occasions où les subalternes peuvent côtoyer la hiérarchie sans protocole, et poser leurs problèmes. Les gardes du corps doivent user de beaucoup de tact pour les extirper de cette foule. “Laissez comme ça, on se voit au ministère”, soupire une ministre. Les esplanades des départements ministériels se sont transformées en carnavals. Sous un air de Coupé-décalé, de Ndombolo ou de Bikutsi, les femmes savourent les agapes préparées pour la circonstance. Evidemment, presque personne n’a la tête au travail. Même pas les hommes. “Ils sont allés soutenir leurs dames”, justifie un inspecteur de services. Ceux qui avaient un dossier à “pousser” vont devoir attendre la semaine prochaine ; si elles consentent à reprendre le travail sitôt la fête terminée.

Par Alexandre T. DJIMELI
Le Messager, 09/03/07

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